CAM1» DE BOULOGNE.
349
Consul; il n’informait sa cour de rien, il ne sayait la sauverd’aucune exigence. On allait jusqu’à lui déclarer que, si lePremier Consul n’avait pas autant tenu à le conserver à Paris,on aurait choisi un autre représentant. On provoquait ainsisa démission, sans oser la lui envoyer. On le chargeait, pourtoute conclusion, d’offrir à la France un subside de 2 millionset demi par mois, en déclarant que c’était là tout ce que l’Es-pagne pouvait faire, qu’au delà il y aurait pour elle impuis-sance absolue de payer. M. d’Azara transmit ces propositionsau Premier Consul, et puis envoya par un courrier sa démis-sion à Madrid.
Le Premier Consul manda auprès de lui M. Hermann, se-crétaire d’ambassade, qui avait eu des relations personnellesavec le prince de la Paix, et le chargea de ses ordres pourMadrid. M. Hermann devait signifier au prince qu’il fallait, ouse soumettre, ou se résigner à une chute immédiate, prépa-rée par des moyens que M. Hermann avait en portefeuille.Ces moyens étaient les suivants. Le Premier Consul avait écritune lettre au roi, dans laquelle il dénonçait à ce monarque in-fortuné les malheurs et les hontes de sa couronne, de manière,toutefois, à réveiller en lui, sans le blesser, le sentiment desa dignité ; il le plaçait ensuite entre l’éloignement du favori,ou l’entrée immédiate d’une armée française. Si le prince dela Paix, après avoir vu M. Hermann, n’avait pas sur-le-champ,sans faux-fuyant, sans nouveau renvoi à Paris, donné satis-faction complète à la France, le général Beurnonville devaitdemander une audience solennelle à Charles IV, et lui remettreen mains propres la foudroyante lettre du Premier Consul.Vingt-quatre heures après, si le prince de la Paix n’était pasrenvoyé, le général Beurnonville devait quitter Madrid, enexpédiant à Augereau l’injonction de passer la frontière.
M. Hermann arriva en toute hâte à Madrid. Il vit le princede la Paix, lui signifia les volontés du Premier Consul, et cettefois le trouva, non plus arrogant et bas, mais bas seulement.
Août 1803.
Mission deM. Hermannà Madrid, etdénonciationdu princede la Faix auroi d’Espagne,contenue dansune lettredu PremierConsul.
CommentM. Hermannaccomplitsa mission.