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[Vol. 2.]
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CAMP DE BOULOGNE.

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avec une aisance qui prouvait son ignorance, dit à l’ambassa-deur : Je reçois la lettre du Premier Consul, puisqu’il le faut,mais je vous la rendrai bientôt, sans l'avoir ouverte. Voussaurez sous peu de jours que votre démarche était inutile,car M. d’Azara était chargé de tout terminer à Paris. J’estimele Premier Consul ; je veux être son fidèle allié, et lui fournirtous les secours dont ma couronne peut disposer. — Aprèscelte réponse officielle, le roi, reprenant le ton d’une familia-rité peu digne du trône et de la situation présente, parla entermes d’une vulgarité embarrassante de la vivacité de sonami le général Bonaparte, et de sa résolution de tout lui par-donner pour ne pas rompre l’union des deux cours. L’ambas-sadeur se retira confondu, souffrant cruellement d’un tel spec-tacle , et croyant devoir attendre un nouveau courrier de Paris,avant d’envoyer au général Augereau l’avis de marcher.

Cette fois le prince de la Paix disait vrai : M. d’Azara avaitreçu les autorisations nécessaires pour signer les conditionsimposées par le Premier Consul. Il fut convenu que l’Espagneresterait neutre; que, pour tenir lieu des secours stipulésdans le traité de Saint-Ildephonse, elle payerait à la Franceun subside de 6 millions par mois, dont un tiers serait retenupour le règlement des comptes existant entre les deux gou-vernements ; que l’Espagne acquitterait en un seul payementles quatre mois échus depuis le commencement de la guerre,c'est-à-dire 16 millions. Un agent appelé d’IIervas, qui trai-tait à Paris les affaires financières de la cour de Madrid, dutse rendre en Hollande pour négocier un emprunt avec la mai-son Hope, en lui livrant des piastres, à extraire du Mexique.Il fut entendu que, si l’Angleterre déclarait la guerre à l’Es-pagne , le subside cesserait. Pour prix de ces secours, il futstipulé que, si les projets du Premier Consul contre la Grande-Bretagne venaient à réussir, la France ferait rendre à son al-liée la Trinité d’abord, et ensuite, dans le cas d’un triomphecomplet, la célèbre forteresse de Gibraltar.

Août 1803.

Ordresenvoyésà Paris pourterminer augre' du PremierConsul lescontestationssurvenuesavec

I Espagne.

Traite'de subsideentre

lEspagneet la France.