LIVRE XVII.
Août 1803.
Continuation
des
préparatifs
pour
l'expédition
d'Angleterre.
l.’escadrede Brestdestinéeà l’Irlande.
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Cette convention signée, M. d’Azara n’en persista pas moinsà donner sa démission, quoiqu’il fût sans fortune, et privé detoute ressource pour soulager une vieillesse précoce. Il mou-rut à Paris quelques mois plus tard. Le prince de la Paix eutencore assez peu de dignité pour écrire à son agent d’IIervas,et le charger, disait-il, d’arranger ses affaires personnelles avecle Premier Consul. Tout ce qui s’était passé n’était, suivantlui, qu’un malentendu, qu’une de ces brouilles ordinaires entrepersonnes qui s’aiment, et qui sont après plus amies qu’au-paravant. Tel était ce personnage; telles étaient la force et l’é-lévation de son caractère.
On se trouvait en automne; la mauvaise saison approchait,et l’une des trois occasions réputées les meilleures pour lepassage du détroit, allait se présenter avec les brumes et leslongues nuits d’hiver. Aussi le Premier Consul s’occupait-ilsans relâche de sa grande entreprise. La fin de la querelleavec l’Espagne était venue fort à propos, non-seulement pourlui procurer des ressources pécuniaires, mais pour rendreune partie de ses troupes disponibles. Les rassemblementsformés du côté des Pyrénées furent dispersés, et les corps quiles composaient acheminés vers l’Océan. Plusieurs de cescorps furent placés à Saintes, tout à fait à portée de l’escadrede Rochefort. Les autres eurent ordre de se rendre en Bre-tagne , pour être embarqués sur la grande escadre de Brest.Augereau commandait le camp formé dans cette province. Leprojet du Premier Consul se mûrissant peu à peu dans satête, il lui semblait que, pour troubler davantage le gouver-nement anglais, il fallait l’attaquer sur plusieurs points à lafois, et qu’une partie des 150 mille hommes destinés à l’inva-sion devait être jetée en Irlande. C’était le but des préparatifsordonnés à Brest. Le ministre Decrès s’était abouché avec lesIrlandais fugitifs, qui avaient déjà cherché à détacher leurpatrie de l’Angleterre. Ils promettaient un soulèvement géné-ral dans le cas où l’on débarquerait 18 mille hommes, avec