CAMP DK BOULOGNE.
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mier Consul avait même fait construire pour son usage per- Sept. 1803sonnel une semblable baraque, tout près de celle de l’amiral,et il y passait quelquefois les jours et les nuits. Il exigeait queles généraux Davout, Ney, Soult, résidassent sans interrup-tion au milieu des camps, assistassent en personne aux tra-vaux et aux manœuvres, et lui rendissent compte chaque jourdes moindres circonstances. Le général Soult, qui se distin-guait par une qualité précieuse, celle de la vigilance, lui étaitlà d’une grande et continuelle utilité. Lorsque le Premier Con-sul avait reçu de ses lieutenants des correspondances quoti-diennes , auxquelles il répondait à l’instant, il partait pour allervérifier lui-même l’exactitude des rapports qu’on lui avait
plus digne. Je conçois que nulle considération particulière ne peut être ad-mise, et si le Premier Consul croit Latouche plus capable, il le nommera, et ilfera bien. Pour moi, an point où en sont les choses, je ne puis quitter la partie,et je servirai sous les ordres de Latouche. — Mais ta santé te le permet-elle ?— Oui, il faut bien qu’elle le permette, et je suis persque sûr de le pouvoir. —Le Premier Consul demande tant d’activité, il en donne un exemple si extraor-dinaire! — Eh bien! cet exemple, j’ai bien vu que c’était une leçon qu'il medonnait, et cette leçon ne sera pas perdue. — Quoi ! tu entreras dans tous lesdétails, tu inspecteras chaque bâtiment? — Oui, je le ferai puisqu’il le veut,quoiqu’il soit dans mon principe que cette méthode ne vaut pas la mienne, quiest de faire faire, et de se montrer rarement. — Mais le Premier Consul ? —Oh ! lui peut toujours se faire voir, parce que toujours il subjugue; mais nousqui ne sommes pas lui, pas même l’Éphestion de ton Alexandre, je crois qu’ilnous faut une plus grande réserve. Mais il le veut, il l’entend comme cela, etje veux lui faire voir que je sais faire tout ce qu’il désire. —
Voilà, citoyen Consul, le sommaire d'une partie de mon dialogue avec lui.11 se portait à merveille, et quelques généraux étant entrés à la fin de notreconférence, et lui ay ant demandé des nouvelles de sa santé, il a passé subite-ment à son air moribond, et s’en est plaint d'une voix lamentable ! Sacrifice in-volontaire à sa vieille habitude !
De tout ce qu’il m’a dit, il résulte qu’il tremble que vous ne lui ôtiez le com-mandement, qu’il ne m’a point caché qu’il avait cette crainte, et qu'il m'apromis de faire dans le plus grand détail tout ce dont vous lui avez donnél'exemple, et cela à commencer d’aujourd'hui.
Dkcriîs.
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