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LIVRE XVII.
Sept, L803.
Efforts«les AnglaispourtrouMerles travauxde Boulogne.
adressés, n'en croyant jamais que ses propres yeux sur tou-tes choses.
Les Anglais s’étaient .appliqués à troubler l’exécution desouvrages destinés à protéger le mouillage de Boulogne. Leurcroisière, composée le plus habituellement d’une vingtaine debâtiments, dont trois ou quatre vaisseaux de soixante-qua-torze , cinq à six frégates, dix ou douze bricks et corvettes,et d’un certain nombre de chaloupes canonnières, faisait surnos travailleurs un feu continuel. Leurs boulets, dépassantla falaise, venaient tomber dans le port et sur les camps.Quoique leurs projectiles n’eussent causé que bien peu dedommage, ce feu était fort incommode, et pouvait, lorsqu’unegrande quantité de bâtiments serait réunie, y causer de fu-nestes ravages, peût-étre un incendie. Une nuit même lesAnglais, s’avançant avec beaucoup d’audace dans leurs cha-loupes, surprirent l’atelier où l’on travaillait à la constructiondu fort en bois, coupèrent les sonnettes qui servaient à battreles pieux, et bouleversèrent les travaux pour plusieurs jours.Le Premier Consul montra un vif mécontentement de cettetentative, et donna de nouveaux ordres pour en empêcherune pareille à l’avenir. Des chaloupes armées, se succédantcomme des factionnaires, durent passer la nuit autour desouvrages. Les ouvriers encouragés, piqués d’honneur, ainsique des soldats que l’on conduit â l’ennemi, furent amenésà travailler en présence des vaisseaux anglais, sous le feu deleur artillerie. C’était à la marée basse qu’on pouvait aborderles ouvrages. Quand la tête des pieux était assez découvertepar la mer pour qu’on pût les battre, les ouvriers se met-taient à l’œuvre, même avant la retraite des eaux, restaientaprès qu’elles étaient revenues, et, la moitié du corps dansles flots, travaillaient en chantant, sous les boulets des Anglais.Cependant le Premier Consul, avec son intarissable fécondité,inventa de nouvelles précautions pour éloigner l’ennemi. Il fit