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LIVRE XV1I1.
Afùt 1603.
Discussionau Parlementsur
la composition«le l'armee.
Par ces mesures les Anglais croyaient [avoir condamné àl’immobilité nos escadres de Brest, de Itochefort, du Ferrol, deToulon, et constitué dans le détroit une surveillance suffisam-ment rassurante.
Mais il fallait faire davantage en présence d’un péril d’uneespèce toute nouvelle, celui d’une invasion du sol britannique.Les marins consultés avaient presque tous déclaré, surtout àla vue des préparatifs du Premier Consul, qu’il était impos-sible d’assurer qu’à la faveur d’une brume, d’un calme, d’unelongue nuit, les Français ne débarqueraient pas sur la côted’Angleterre. Sans doute le nouveau Pharaon pouvait êtreprécipité dans les flots avant de toucher au rivage; cependant,une fois débarqué, non pas avec 150 mille hommes, maisseulement avec 100, et môme avec 80, qui lui résisterait?Cette nation orgueilleuse, qui s’était si peu souciée des mal-heurs du continent, qui n’avait pas craint de renouveler uneguerre qu’elle était habituée à faire avec le sang d’autrui, etun or dont elle est prodigue, était maintenant réduite à sespropres forces, obligée de s’armer, et de ne plus confier à desmercenaires, d’ailleurs trop peu nombreux, la défense deson propre sol. Elle, si fière de sa marine, regrettait alors den’avoir pas des troupes de terre, pour les opposer aux re-doutables soldats du général Bonaparte !
La composition d’une armée était donc, en ce moment, lesujet de toutes les discussions de la Chambre des Communes.Et comme c’est au milieu des plus grands périls que l’espritde parti se montre toujours le plus ardent, c’était au sujet decelte question de la guerre, et de la manière de la soutenir,que se rencontraient, et se combattaient les principaux per-sonnages du Parlement.
Le faible ministère Addington avait survécu à ses fautes; ildirigeait encore, mais pour peu de temps, la guerre qu’ilavait si légèrement, si criminellement laissée renaître. La ma-jorité du Parlement le savait inférieur à la tâche qu’il avait