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LIVRE XVIII.
Août 1803.
Le cabinetAddingtonproposela créationd’une annëede rëserve.
M. Wyndhamdemandeune levëeen masse,et la crëationd’une armëeformée surles principesde l’armëefrançaise.
M. Pitt,rentre'
au Parlement,combatl'opinion deM. Wyndham.
mais peu au fait de la guerre, et bien novices pour être op-posés aux vieilles bandes qui avaient vaincu la coalition eu-ropéenne.
Comment pourvoir à une telle insuffisance? Le ministère,entouré des militaires les plus instruits, imagina la créationd’une armée dite de réserve, forte de 50 mille hommes, for-mée d’Anglais, par tirage au sort, et ne pouvant être em-ployée que dans l’étendue du Royaume-Uni. On suppléaitainsi à l’armée de ligne, et on lui ménageait un renfort de50 mille hommes. Le remplacement était permis, mais il de-vait, vu les circonstances, se faire à un prix très-élevé. C’étaitpeu de chose, et pourtant c’était tout ce qu’on pouvait entre-prendre dans le moment. M. Wyndham, se plaçant au pointde vue du parti de la guerre, attaqua la proposition commeinsuffisante. Il demanda la création d’une grande armée deligne, qui, composée d’après les mêmes principes que l’arméefrançaise, c’est-à-dire parla conscription, serait aux ordresabsolus du gouvernement, et pourrait être portée en tout lieu.11 dit que ce qu’avait imaginé le ministère n’était qu’une ex-tension des milices, ne vaudrait pas mieux, surtout en facedes bandes éprouvées qu’on avait à combattre, nuirait au re-crutement de l’armée par la faculté de remplacement intro-duite dans la nouvelle loi, car les individus disposés à servirtrouveraient plus d’avantage à se faire remplaçants dans l’ar-mée de réserve, qu’à s’enrôler dans l’armée de ligne; qu’unearmée régulière formée de la population nationale, transpor-table partout où l’on ferait la guerre, ayant par conséquent lemoyen de s’aguerrir, était la seule institution à opposer auxtroupes du général Bonaparte. — Il faut, dit M. Wyndham, lediamant pour couper le diamant. —
L’Angleterre, qui avait déjà une marine, voulait avoir aussiune armée de terre, ambition bien naturelle, car il est rarequ’une nation qui a l’une des deux grandeurs ne veuille aussiavoir l’autre. Mais M. Pitt fit à ces propositions la réponse