CONSPIRATION DE GEORGES.
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par ne plus se montrer chez le chef du gouvernement, et Août îanmême chez aucun des Consuls. Le renouvellement de la guerreeût été pour lui une occasion honorable de reparaître auxTuileries, pour offrir ses services, non pas au général Bona-parte, mais à la France. Moreau, peu à peu entraîné dans cesvoies du mal, où les pas sont si rapides, avait considéré, danscette rupture de la paix, beaucoup moins le malheur du pays,qu’un échec pour un rival détesté, et s’était mis à part, pourvoir comment sortirait d’embarras cet ennemi qu’il s’était faitlui-même. Il vivait donc à Grosbois, au milieu d’une aisance,juste prix de ses services, comme aurait pu faire un grandcitoyen, victime de l’ingratitude du prince.
Le Premier Consul s’attirait des jaloux par sa gloire; il s’enattirait aussi par sa famille. Murat, qu’il avait refusé long-temps d’élever au rang de son beau-frère, qüi avec un excel-lent cœur, de l’esprit naturel, une bravoure chevaleresque , seservait quelquefois très-mal de toutes ces qualités, Murat, parune vanité qu’il dissimulait devant le Premier Consul, maisqu’il montrait librement dès qu’il n’était plus sous les yeuxde ce maître sévère, Murat offusquait ceux qui, étant troppetits pour envier le général Bonaparte , enviaient au moinsson beau-frère. Il y avait donc les grands jaloux, et les petits.
Les uns et les autres se groupaient autour de Moreau. A Paris,pendant l’hiver, à Grosbois, pendant l’été, on tenait une courde mécontents, où l’on parlait avec une indiscrétion sansbornes. Le Premier Consul le savait, et s’en vengeait non passeulement par le progrès constant de sa puissance, mais aussipar des dédains affichés. Après s’être imposé long-temps uneextrême réserve, il avait fini par ne plus se contenir, et ilrendait à la médiocrité ses sarcasmes, mais les siens étaientceux du génie. On les répétait, au moins autant que ceux quiéchappaient à la société de Moreau.
Les partis inventent les brouilles qui n’existent pas, afinde s’en servir ; à plus forte raison se servent-ils, vite et per-