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LIVRE XVIII.
Août 1803. fidement, de celles qui existent. Sur-le-champ on avait en-touré Moreau. A entendre les mécontents de tous les partis,il était le général accompli, le citoyen modeste et vertueux.Le général Bonaparte était le capitaine imprudent et heureux,l’usurpateur sans génie, le Corse insolent, qui osait renverserla République, et monter les marches du trône déjà relevé.Il fallait, disait-on, le laisser se perdre dans une entreprisefolle et ridicule contre l’Angleterre, et se garder de lui offrirson épée. Ainsi, après avoir traité le vainqueur de l’Égypteet de l’Italie comme un aventurier, on traitait l’expéditionpatriotique qui lui tenait tant à cœur, comme la plus extra-vagante des échauffourées.
Moyens Les conspirateurs de Londres avaient, dans ces malheu-
imaginés par
les royalistes reuses divisions, des facilités pour ourdir la seconde moitié
pour ' A
se de r Riore°au hec l eur projet. C’était Moreau qu’il fallait gagner, par Moreau,l’armée ; et alors, le Premier Consul tué sur la route de la Mal-maison, Moreau gagné viendrait, à la tête de l’armée, récon-cilier cette redoutable partie de la nation avec les Bourbons,qui auraient eu le courage de reconquérir leur trône l’épéeà la main. Mais comment aborder Moreau, qui était à Parisentouré d’une société toute républicaine, tandis qu’on était àLondres au milieu de l’élite des chouans? 11 fallait un inter-médiaire. Du fond des déserts de l’Amérique, il en était ar-rivé un, bien illustre, bien déchu par sa faute de sa premièreillustration, mais doué de grandes qualités, et tenant à la foisempioy™ aux ro y a listes et aux républicains : c’était Pichegru, le vain-à cet usage. q ueur de la Hollande, déporté par le Directoire à Sinnamari.
Il s’était échappé du lieu de sa déportation, et il était venuà Londres, où il vivait avec le secret désir de ne pas s’arrêterlà, et de rentrer en France, en profitant de la politique quirappelait sans distinction les coupables ou les victimes de tousles partis. Mais la guerre, suspendue un instant, avait recom-mencé bientôt, et avec elle les illusions et les folies des émi-grés , auxquels Pichegru avait aliéné sa liberté, en leur alié-