CONSPIRATION DE GEORGES.
399
nant son honneur. On l’avait compris, presque malgré lui, Ao<n isos.dans la conspiration ; on l’avait chargé d’être auprès de Mo-reau l’intermédiaire dont on avait besoin pour amener cedernier à la cause des Bourbons, et pour fondre ensemble,dans un seul parti, les républicains et les royalistes do toutenuance.
Le plan qu’on avait adopté concordait assez avec certainesapparences du moment pour être spécieux, point assez avecla réalité pour réussir, mais il avait encore plus de vraisem-blance qu’il n’en fallait à des impatients, à qui tout était bon,pourvu qu’ils s’agitassent, et remplissent par ces agitationsla pesante oisiveté de l’exil. Le plan arrêté, on s’occupa del’exécution.
Il fallait se rendre en France. Si Georges voulait y être suivid'un ou de deux princes, il ne tenait pas cependant à lesavoir immédiatement avec lui. Il admettait qu’il fallait toutpréparer avant de les faire venir, afin de ne pas les exposerinutilement à un séjour prolongé dans Paris, sous les yeuxd’une police vigilante. Il se décida donc à partir le premier,et à se rendre à Paris, pour y composer la bande de chouansavec lesquels il devait attaquer la garde du Premier Consul.
Pendant ce temps, Pichegru était chargé de s’aboucher avecMoreau, d’abord par intermédiaire, puis directement, en setransportant lui-même à Paris. Enfin, quand on aurait toutpréparé des deux côtés, quand on aurait à la fois les chouanspour livrer combat, et Moreau pour entraîner l’adhésion del’armée, les princes viendraient les derniers, la veille, ou lejour de l’exécution.
Tout cela étant arrêté, Georges, avec une troupe de chouans Départ
1 de Georges
sur la résolution et la fidélité desquels il pouvait compter, pour Paris,quitta Londres pour se rendre en France. Ils étaient touspourvus d’armes comme des malfaiteurs qui allaient courirles bois. Georges portait dans une ceinture un million en let-tres de change. Ce n’était pas, bien entendu, les princes fran-