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LIVRE XVIII.

Août 1803.

.Nouvelleroute adoptéepar

les chouanspour pénétreren 1 rance.

çais, réduits aux derniers expédients pour vivre, qui avaientpu fournir les sommes qui circulaient entre ces entrepreneursde complots. Elles venaient de la source commune, c’est-à-dire du trésor britannique.

Un officier de la marine royale anglaise, le capitaine Wright,marin intrépide, montant un léger navire, recevait à Deal ouHastings les émigrés voyageurs, et venait les jeter, à leurchoix, sur le point de la côte oh ils voulaient aborder. Depuisque le Premier Consul, bien averti des fréquentes descentesdes chouans, avait fait garder avec plus de soin que jamaisles côtes de Bretagne, ils avaient changé de direction, et ilspassaient par la Normandie. Entre Dieppe et le Tréport, lelong d’une falaise escarpée, dite de Biville, se trouvait uneissue mystérieuse, pratiquée dans une fente de rocher, et fré-quentée par les contrebandiers seuls. Un câble, fortement at-taché au sommet de la falaise, descendait dans cette fente derocher, et venait toucher à la mer. A un cri qui servait designal, les secrets gardiens du passage jetaient le câble, quele contrebandier saisissait, et à l’aide duquel il gravissait leprécipice, haut de deux ou trois cents pieds, en portant unlourd fardeau sur les épaules. Les affidés de Georges avaientdécouvert cette voie, et avaient songé à s’en approprier l’u-sage, ce qui était facile avec l’argent dont ils disposaient.Pour compléter la communication avec Paris, ils avaient établiune suite de gîtes, soit dans des fermes isolées, soit dans deschâteaux habités par des nobles normands, royalistes fidèleset discrets, sortant peu de leur retraite. On pouvait arriverainsi du rivage de la Manche à Paris, sans passer par unegrande route, sans toucher à une auberge. Enfin, pour ne pascompromettre cette voie en la fréquentant trop souvent, onla réservait aux personnages les plus importants du parti.L’argent abondamment répandu chez quelques-uns de cesroyalistes, dont on empruntait la demeure, la fidélité chez lesautres, mais surtout l’éloignement des lieux fréquentés, ren-