CONSPIRATION DE GEORGES. 103
Pendant que Georges était ainsi occupé, les agents de Pi-chegru avaient agi de leur côté, et avaient abordé Moreau.D’anciens commis aux vivres, espèces d’hommes qui devien-nent parfois les familiers des généraux, furent employés àporter quelques paroles à Moreau, de la part de Pichegru.On lui demanda s’il se souvenait de cet ancien compagnond’armes, et s’il gardait encore quelque ressentiment contrelui. Ce n’était pas Moreau qui devait en vouloir à Pichegru,qu’il avait dénoncé au Directoire, en livrant les papiers dufourgon de Klinglin. Tout entier d’ailleurs à la haine présente,il n’était guère capable de songer à des haines passées. Aussin’exprima-t-il que de la bienveillance, de la sympathie mêmepour les malheurs de ce vieil ami. Alors on lui demanda s’ilne voudrait pas s’intéresser à Pichegru, et user de son in-fluence pour obtenir sa rentrée en France. Pourquoi en effetl’amnistie accordée à tous les Vendéens, à tous les soldats deCondé, ne serait-elle pas faite aussi pour le vainqueur de laHollande ?... Moreau répondit qu’il désirait ardemment leretour de cet ancien compagnon d’armes; qu'il regardait ceretour comme une justice due à ses services ; qu’il y con-tribuerait bien volontiers, si ses relations actuelles avec legouvernement étaient de nature à le lui permettre ; mais que,brouillé avec les hommes qui gouvernaient, il ne remettraitjamais les pieds aux Tuileries. Puis vinrent naturellement lesconfidences sur ses griefs, sur son aversion pour le PremierConsul, sur son désir d’en voir la France bientôt délivrée.
Les dispositions de Moreau pressenties, on employa auprèsde lui un de ses anciens officiers, le général Lajolais, l’un desfamiliers les plus dangereux qui pussent être admis dans l’in-timité d’un homme faible, qui ne savait pas se gouverner. Cegénéral Lajolais était petit et boiteux, remarquablement douéde l’esprit d’intrigue, dévoré de besoins, presque réduit à l’in-digence. On envoya pour se l’attacher un déserteur des ar-mées républicaines, déguisé en marchand de dentelles, avec
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Août 1803.
Premièresouverturesfaitesà Moreau.
Le géneïalLajolais employé commeintermédiaireauprèsde Moreau.