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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES.

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écrivains et leurs discoureurs présentaient comme le modèledes vertus publiques et guerrières.

Cette connaissance bientôt acquise des dispositions de Mo-reau, jeta dans le désespoir ces malheureux et coupables émi-grés. On eut encore une entrevue avec lui, à Chaillot même,chez Georges, probablement sans qu’il sût chez quel person-nage il se trouvait. Georges, assistant au commencement dela conversation, se retira en disant brusquement à Pichegruet à Moreau : Je me retire ; peut-être qu’en restant seuls vousfinirez par vous entendre. —

Les deux généraux républicains ne s’entendirent pas da-vantage, et il fut évident pour tous les conjurés qu’ils s’étaientfollement engagés dans un projet qui ne pouvait aboutir qu’àune catastrophe. M. de Rivière était désolé. Lui et ses amis di-saient ce qu’on dit toujours, lorsqu’on ne trouve pas ses pas-sions partagées : La France est apathique, elle ne veut que lerepos, elle est infidèle à ses anciens sentiments. — La France,en effet, n’était pas, comme on le leur avait assuré, indignéecontre le gouvernement consulaire ; tous les partis n’étaientpas prêts à s’entendre pour le renverser. Il n’y avait que desjaloux sans génie qui songeassent à le détruire ; encore ne vou-laient-ils pas se compromettre dans un complot bien caracté-risé. Et quant à la France, regrettant sans doute la paix sipromptement rompue, se défiant peut-être aussi du goût pourle pouvoir et la guerre, qui éclatait chez le général Bonaparte,elle ne cessait pas de le regarder comme son sauveur. Elleétait éprise de son génie, et elle ne voulait à aucun prix sevoir rejetée dans les hasards d’une nouvelle révolution.

Déjà ces malheureux étaient tentés de se retirer, les unsen Bretagne, les autres en Angleterre. Désabusés par la con-naissance des faits, les plus élevés d’entre eux éprouvaienten outre un profond dégoût pour la compagnie au milieu de la-quelle ils étaient réduits à vivre. M. de Rivière et Pichegru,de tous les plus sages, se confiaient leurs répuguances et leurs

Janv. 1804.

Décourage-

ment

des émigre'scompromisdans laconspirationtramée àLondres,