Band 
[Vol. 2.]
Seite
410
JPEG-Download
 

410

LlVltE XVIII.

Jauv. 18W. chagrins. Un jour môme, Pichegru, voulant remettre à leurplace ces chouans trop importuns, répondit avec amertumeet mépris, à l’un d’eux qui lui disait : Mais, général, vous êtesavec nousl — Non, je suis chez vous. Ce qui signifiait que savie était entre leurs mains, mais que sa volonté et sa raisonn’y étaient plus.

Tous ensemble se trouvaient plongés dans une cruelle in-certitude : Georges cependant était toujours prôt à assaillir lePremier Consul, sauf à voir ensuite ce qu’on ferait le lende-main; les autres se demandaient à quoi bon un attentat inutile.Ils en étaient là, lorsque ces menées, conduites sans interrup-tion depuis six mois, finirent par donner à la police un éveil,trop tardif pour l’honneur de sa vigilance. La sagacité du Pre-mier Consul le sauva, et perdit les imprudents ennemis quiconspiraient sa perte. C’est l’ordinaire punition de ceux quis’engagent dans de telles entreprises, de s’arrêter trop tard :souvent ils sont découverts, saisis, punis, quand déjà laconscience, la raison, la crainte commençant à leur ouvrirles yeux, ils allaient rétrograder dans la voie du mal.

Ces allées et venues, continuées depuis août jusqu’en jan-vier , passant surtout si près d’un homme tel que l’ancien mi-nistre Fouché, qui avait grande envie de faire des découvertes,Premiers ne pouvaient pas ne pas être un jour aperçues. Nous avons

indices

du complot rapporté ailleurs que M. Fouché avait été privé du portefeuilleconnaissance de la police, à l’époque où le Premier Consul avait voulu inau-

de la police. A 7 1 A

gurer le Consulat à vie par la suppression d’un ministère derigueur. La police avait été comme cachée alors dans le mi-nistère de la justice. Le grand-juge Régnier, tout à fait étrangerà une administration de cette nature, l’avait abandonnée auconseiller d’ÉtatRéal, homme d’esprit, mais vif, crédule, etn’ayant pas à beaucoup près la sagacité sûre et pénétrante deM. Fouché. Aussi la police était-elle médiocrement dirigée, eton affirmait au Premier Consul que jamais on n’avait moinsconspiré. Le Premier Consul était loin de partager cette sécu-