CONSPIRATION 1)E GEORGES.
411
ri té. D’ailleurs M. Fouché ne la lui laissait pas. Celui-ci, devenusénateur, s’ennuyant de son oisiveté, ayant conservé ses re-lations avec ses anciens agents, était parfaitement informé, etvenait entretenir le Premier Consul de ses observations. LePremier Consul, écoutant tout ce que lui disaient MM. Fouchéet Réal, lisant avec assiduité les rapports de la gendarmerie,toujours les plus utiles, parce qu’ils sont les plus exacts et lesplus honnêtes, avait la conviction qu’il se tramait des com-plots contre sa personne. D’abord, une induction générale,tirée des circonstances, le portait à penser que le renouvelle-ment de la guerre devait être une occasion pour les émigréset les républicains d’essayer quelque tentative. Divers indices,tels que des chouans arrêtés dans tous les sens, des avis ve-nus des chefs vendéens attachés à sa personne, lui prouvaientque l’induction était juste. Sur un renseignement partant dela Vendée même, et qui lui annonçait que l’on voyait des con-scrits réfractaires se former en bandes, il envoya dans les dé-partements de l’Ouest le colonel Savary, dont le dévouementôtait sans bornes, dont l’intelligence et le courage étaient éga-lement éprouvés. Il le dépêcha avec quelques hommes dela gendarmerie d’élite, pour suivre le mouvement, et dirigerplusieurs colonnes mobiles lancées sur la Vendée. Le colonelSavary partit, observa tout de ses yeux, et aperçut claire-ment les signes d’une action sourde. Cette action était celle deGeorges, qui, de Paris, s’efforcait de préparer une insurrec-tion en Vendée. Cependant on ne découvrit rien de relatif auterrible secret, que Georges avait gardé pour lui et ses prin-cipaux associés. Les bandes dispersées, le colonel Savaryrevint à Paris sans avoir rien appris de bien important.
Une autre intrigue, dont le fil était tombé dans les mainsdu Premier Consul, et qu’il mettait une sorte de plaisir à sui-vre lui-même, promettait quelques lumières, sans toutefoisles donner encore. Les trois ministres anglais en Hesse, onWurtemberg, en Bavière, qui étaient chargés de nouer aussi
Janv. 1604.
Envoldu colonelSavaryen Vendde.
Menéesdes agentsbritanniquesconcourantavec laconspirationde Georges,