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LIVRE XVIII.
Janv. 1804 . des trames en France, s’y appliquaient avec un zèle assidu,mais maladroit. Des étrangers sont peu habiles à conduire depareilles trames. Celui qui résidait en Bavière, M. Drake, étaitle plus actif. Il s’était môme logé hors de Munich, pour rece-voir plus facilement les agents qui lui viendraient de France;et, pour mieux assurer sa correspondance, il avait séduit undirecteur de poste bavarois. Un Français très-intrigant, autre-fois républicain, avec lequel M. Drake avait entrepris ces me-nées , et auquel il avouait couramment le but des intriguesbritanniques, avait tout livré à la police. M. Drake voulait d’a-bord se procurer les secrets du Premier Consul relativementà la descente, puis gagner quelque général important, s’em-parer, s’il était possible, d’une place comme Strasbourg ouBesançon, et y commencer une insurrection. Se débarrasserdu général Bonaparte était toujours, avec des termes plus oumoins explicites, la partie essentielle du projet. Le PremierConsul, charmé de saisir un diplomate anglais en flagrant délit,fit donner beaucoup d’argent à l’intermédiaire qui trompaitM. Drake, à condition qu’il continuerait cette intrigue. Il fournitlui-méme le modèle des lettres qu’on devait écrire à M. Drake.Il donnait dans ces lettres des détails nombreux et vrais surses habitudes personnelles, sur sa manière de rédiger sesplans, de dicter ses ordres, et ajoutait que tout le secret de sesopérations se trouvait contenu dans un grand portefeuille noir,toujours confié à M. de Meneval, ou à un huissier de confiance.M. de Meneval était incorruptible, mais l’huissier ne l’était pas,et demandait un million pour livrer le portefeuille. Puis, lePremier Consul insinuait que certainement il y avait en Franced’autres menées que celle que dirigeait M. Drake, qu’il im-portait de les bien connaître, pour ne pas se nuire récipro-quement, et au contraire pour se servir. Enfin il ajoutait,comme une révélation très-importante, que le véritable projetde descente avait l’Irlande pour but ; que ce qui se passait àBoulogne était une pure feinte, qu’on cherchait à rendre vrai-