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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES.

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semblable par l’étendue des préparatifs, mais qu’il n’y avait J»nv. îæide sérieux que les deux expéditions ordonnées h Brest etau Texel

1 Voici les extraits curieux de ces lettres, dictées par le Premier Consullui-même.

Au grand juge.

9 brumaire an xn (1er novembre 1803).

Il serait important d’avoir auprès de Drake, à Munich, un agent secret, quitiendrait note de tous les Français qui se rendraient dans cette ville.

J’ai lu tous les rapports que vous m’avez envoyés, ils m’ont paru assez inté-ressants. Il ne faut pas se presser pour les arrestations. Lorsque l’auteur auradonné tous les renseignements , on arrêtera un plan avec lui, et on verra cequ’il y a à faire.

Je désire qu’il écrive à Drake, et que, pour loi donner confiance, il lui fasseconnaître qu’en attendant que le grand coup puisse être porté, il croit pouvoirpromettre de faire prendre sur la table même du Premier Consul, dans soncabinet secret, et écrites de sa propre main, des notes relatives à sa grandeexpédition et tout autre papier important; que cet espoir est fondé sur unhuissier du cabinet, qui, ayant été membre de la société des jacobins, ayantaujourd’hui la garde du cabinet duPremier Consul, et honoré de sa confiance,se trouve cependant dans le comité secret ; mais que l’on a besoin de deuxchoses: la première, qu’on promettra cent mille livres sterling, si véritable-ment on remet ces pièces de si grande importance écrites de la main même duPremier Consul; la seconde, qu’on enverra un agent français du parti royalistepour fournir des moyens de se cacher audit huissier, qui nécessairement seraitarrêté si jamais des pièces de cette importance disparaissaient.

Bonaparte n’écrit presque jamais. Il dicte tout, en se promenant dans soncabinet, à un jeune homme de vingt ans, appeléMeneval, qui est le seul individunon-seulement qui entre dans son cabinet, mais encore qui approche des troispièces qui suivent le cabinet. Ce jeune homme a succédé à Bourrienne, que lePremier Consul connaissait depuis son enfance, mais qu’il a renvoyé. . . .

. . . Meneval n’est point de nature à ce qu’on puisse rien espérer de lui.

.Mais les notes qui tiennent aux plus grands calculs, le Premier Consul ne

les dicte pas, il les écrit lui-même. Il a sur sa table un grand portefeuille diviséen autant de compartiments que de ministères. Ce portefeuille, fait avec soin,est fermé par le Premier Consul, et toutes les fois que le Consul sort de soncabinet, Meneval est chargé de placer ce portefeuille dans une armoire àcoulisse sous son bureau, et vissée au plancher.

Ce portefeuille peut être enlevé; Meneval ou l’huissier de cabinet qui seulallume le feu et approprie l’appartement peuvent être seuls soupçonnés. Il