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LIVRE XVIII.
Janr. 1804.
Le PremierConsul, par saprodigieusesagacité,découvre lui-même la couspiration.
Révélationimportanteobtenuede l’undes agentsde Georges.
certainement en travail. On a opéré plusieurs arrestations ; ilfaut choisir quelques-uns des individus arrêtés, les envoyerà une commission militaire, qui les condamnera, et ils parle-ront avant de se laisser fusiller. — Ce que nous rapportonsici se passait du 25 au 30 janvier, pendant les entrevues dePichegru avec Moreau, et alors que les conjurés commençaientà se livrer au découragement. Le Premier Consul se fit ap-porter la liste des individus arrêtés. Parmi eux se trouvaientquelques-uns des agents de Georges, venus avant ou aprèslui, et dans ce nombre un ancien médecin des armées ven-déennes, débarqué en août avec Georges lui-même. Aprèsexamen des circonstances particulières à chacun d’eux, lePremier Consul en désigna cinq en disant : Ou je me trompefort, ou il y a là quelques hommes informés, qui ne manque-ront pas de faire des révélations. — Depuis long-temps onn’avait pas appliqué les lois rendues antérieurement, et quipermettaient l’institution des tribunaux militaires. Le PremierConsul, durant la paix, avait voulu les laisser tomber en dé-suétude; mais, à la reprise de la guerre, il crut devoir enuser, surtout pour les espions qui venaient observer ses pré-paratifs contre l’Angleterre. Il en avait fait arrêter, juger etfusiller quelques-uns. Les cinq individus par lui désignés fu-rent mis en jugement. Deux obtinrent leur acquittement; deuxautres, convaincus par l’instruction, de crimes que la loi pu-nissait de mort, furent condamnés, et se laissèrent fusillersans rien avouer, mais en déclarant qu’ils étaient venus pourservir la cause du roi légitime, laquelle serait bientôt triom-phante sur les ruines de la République. Ils proférèrent enoutre d’affreuses menaces contre la personne du chef du gou-vernement. Le cinquième, que le Premier Consul avait parti-culièrement désigné comme celui qui devait tout dire, déclara,au moment de se rendre au supplice, qu’il avait de grands se-crets à découvrir. On lui envoya sur-le-champ l’un des em-ployés les plus habiles de la police. R avoua tout, déclara qu’il