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LIVRE XVIII.
Frfv. 1804.
Arrestationde quelquesagentsde Georges.
La présencede Georgesà Paris,constate'epar plusieursdéclarations.
mit on recherche, et on fouilla, depuis Paris jusqu’à la côte,les lieux indiqués, afin de découvrir les gîtes qui servaientaux émigrés voyageurs. On fit bonne garde chez les marchandsde vins dénoncés par l’agent de Georges, et, en peu de jours,on opéra diverses arrestations importantes, deux surtout quijetèrent un grand jour sur toute l’affaire. On saisit d’abord unjeune homme, nommé Picot, domestique de Georges, chouanintrépide, qui, étant armé de pistolets et de poignards, fit feusur les agents de la police, et ne se rendit qu’à la dernièreextrémité, en déclarant qu’il voulait mourir pour le servicede son roi. On saisit avec celui-là un nommé Bouvet de Lozier,principal officier de Georges, qui se laissa prendre sans pro-voquer le môme tumulte, et en montrant plus de calme.
Ces hommes étaient armés comme des malfaiteurs prêts àcommettre les plus grands crimes, et outre les armes qu’ilsportaient sur eux, ils avaient des sommes considérables en oret en argent. Au premier instant, ils paraissaient fort exaltés;puis ils se calmaient, et finissaient par faire des aveux. C’estce qui arriva pour le nommé Picot. Arrêté le 8 février ( 18 plu-viôse), il ne voulut rien dire d’abord, et ensuite peu à peu ilfut induit à parler. Il avoua qu’il était venu d’Angleterre avecGeorges, qu’il se trouvait avec lui depuis six mois à Paris, etne déguisa guère le motif de leur voyage en France. Ainsi, laprésence de Georges à Paris pour un grand but, ne pouvaitplus être mise en doute. Mais on n’en savait pas davantage.Bouvet de Lozier ne disait rien. C’était un personnage fort au-dessus de Picot, par l’éducation et par les manières. Dans lanuit du 13 au 14 février, ce Bouvet de Lozier appela tout àcoup son geôlier. Il avait essayé de se pendre, et, n’y ayantpas réussi, livré à une sorte de délire, il demanda qu’on re-çût les déclarations qu’il avait à faire. Alors ce malheureuxraconta qu’avant de mourir pour la cause du roi légitime, ilvoulait démasquer le personnage perfide qui avait entraîné debraves gens dans un abîme, en les compromettant inutile-