CONSPIRATION DK GEORGES. 419
ment. Il fit ensuite à M. Réal, surpris et confondu, le plusétrange récit. Ils étaient, disait-il, à Londres autour des prin-ces , quand Moreau avait envoyé à Pichegru un de ses offi-ciers , pour offrir de se mettre à la tête d’un mouvement enfaveur des Bourbons, promettant d’entraîner l’armée par sonexemple. A cette nouvelle, ils étaient tous partis, avec Georgeset Pichegru lui-même, pour coopérer à celte révolution. Arri-vés à Paris, Georges et Pichegsu étaient accourus chez Moreau,pour s’entendre, et celui-ci avait alors changé de langage, etavait demandé qu’on renversât le Premier Consul à son profit,afin de se faire dictateur lui-même. Georges, Pichegru et leursamis avaient refusé une telle proposition, et c’est dans les fu-nestes lenteurs amenées par les prétentions de Moreau, qu’ilsavaient été livrés aux recherches de la police. Ce tragiquedéposant ajoutait, qu’î'Z échappait aux ombres de la mort, pourvenir venger lui et ses amis de l’homme qui les avait per-dus tous h
1 Je cite la propre déclaration de Bouvet de Lozier. Cette pièce, commetoutes celles qui sont relatives à la conspiration de Georges et qui serontcitées ci-après, est tirée d’un Kecueil en huit volumes in-8°, ayant pour titre:
PROCES INSTRUIT PAR LA COUR DK JUSTICE ET SPECIALE DU DEPARTE-MENT DE LA SEINE, SEANTE A PARIS, CONTRE GEORGES, PICHEGRU ETAUTRES, PREVENUS DE CONSPIRATION CONTRE LA PERSONNE DU PREMIERCONSUL. PARIS, C. F. PATRAS, IMPRIMEUR DK LA COUR DE JUSTICE CRIMI-NELLE. 1804 . (exemplaire DELA bibliothèque royale.)
Déclaration de Athanase-Hyacinthe Bouvet deLozier, faiteen présence du grand juge, ministre de la justice.
Tome II, page 1G8.
C’est un homme qui sort des portes du tombeau, encore couvert des ombresde la mort, qui demande vengeance de ceux qui, par leur perfidie, l’ont jeté,lui et son parti, dans l’abîme ou il se trouve.
Envoyé pour soutenir la cause des Bourbons, il se trouve obligé ou de com-battre pour Moreau, ou de renoncer à une entreprise qui était l’unique objetde sa mission.
Monsieur devait passer en France pour se mettre à la tète d’un parti roya-liste ; Moreau promettait de se réunir à la cause des Bourbons. Les royalistesrendus en France, Moreau se rétracte.
Fév. 1804.
Révélationsinattendues deBouvetde Lozier,gravementcompromet-tantes pourMoreau.
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