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LIVRE XVIII.
Fëv. 1804.
Irritationdu PremierConsul
en voyant quequelquespersonnesdoutentde la réalité'du complot.
L'irritationdu PremierConsul dirigéecette fois, nonpas contre lesre'puhlicains,mais contreles royalistes.
atroce attentat. Cette fois, au contraire, on annonçait un pro-jet d’assassinat, et, sur la simple annonce d’un projet, oncommençait par arrêter l’un des hommes les plus illustres dela République, qui passait pour être l’objet de toute la jalousiedu Premier Consul. Les esprits méchants demandaient où étaitdonc Georges, où était donc Pichegru? Ces deux personnages,à les entendre, n’étaient certainement pas à Paris ; on ne lesy trouverait pas, car tout cela n’était que fable maladroite etinvention odieuse.
Si le Premier Consul avait été d’abord assez calme à l’aspectdu nouveau danger dont sa personne était menacée, il s’irritaprofondément, en voyant de quelles noires calomnies ce dangerétait l’occasion. 11 se demandait si ce n’était pas assez d’êtreen butte aux complots les plus affreux, s’il fallait encore pas-ser soi-même pour machinateur de complots, pour envieux,quand on était poursuivi par la plus basse envie, pour auteurde projets perfides contre la vie d’autrui, quand sa propre viecourait les plus grands périls. Il fut saisi d’une colère quechaque progrès de l’instruction ne cessa d’augmenter. 11 mità découvrir les auteurs de la conspiration une sorte d’achar-nement : non pas qu’il tînt à garantir sa vie ; il n’y pensaitguère, tant il était confiant dans sa fortune; mais il tenait àconfondre l’infamie de ses détracteurs, qui le présentaientcomme l’inventeur des trames dont il avait failli, et dont ilpouvait encore devenir la victime.
Ce n’était pas contre les républicains qu’il était le plus ir-rité cette fois, mais contre les royalistes. Lors de la machineinfernale, bien que les royalistes en fussent les auteurs, il s’enprenait obstinément aux républicains, parce qu’il voyait dansceux-ci l’obstacle à tout le bien qu’il projetait. Mais dans lemoment, son indignation avait un autre objet. Depuis sonavènement au pouvoir, il avait tout fait pour les royalistes :il les avait tirés de l’oppression et de l’exil; il leur avait rendula qualité de Français et de citoyens; il leur avait restitué