Band 
[Vol. 2.]
Seite
428
JPEG-Download
 

428

LIVRE XVIII.

Mars 1804. Tandis qu’on cherchait Georges et Pichegru avec le plusgrand soin, on opéra de nouvelles arrestations, et on obtintde Picot et de Bouvet de Lozier des détails plus complets, etplus graves que tous ceux qu’on leur avait arrachés jusqu’ici.Ces hommes, ne voulant pas se donner pour des assassins,se hâtèrent de raconter qu’ils étaient venus à Paris dans laplus haute compagnie, qu’ils avaient avec eux les plus grandsseigneurs de la cour des Bourbons, notamment MM. de Polignacet de Rivière; et enfin ils déclarèrent positivement qu’ils de-vaient avoir un prince à leur tête. Ils l’attendaient, disaient-ils, à chaque instant; ils croyaient môme que ce prince, tantattendu, devait faire partie du dernier débarquement, de celuiqui était annoncé pour février. On répandait parmi eux quec’était le duc de Berry

1 Extrait de la quatrième déclaration de Louis Picot devant lepréfet de police, 25 pluviôse (15 février).

Tome II, page 398.

A déclaré :

Je suis débarqué avec Georges entre Dunkerque et la ville d’Eu. J’ignores’il y a eu des débarquements antérieurs ; il y en a eu deux depuis. II étaitquestion d’un quatrième débarquement bien plus considérable, qui devait êtrecomposé de vingt-cinq personnes : de ce nombre devait être le duc de Berry.J’ignore si ce débarquement a eu lieu; je sais que Bouvet et le nommé Armanddevaient aller chercher le prince.

Extrait du deuxième interrogatoire de Bouvet, le 30 pluviôse(20 février).

Tome II, page 172.

Demande • A quelle époque et de quelle manière croyez-vous que Moreauet Pichegru se soient concertés pour le plan que Georges était venu exécuteren France, et qui tendait au rétablissement des BourbonR ?

Réponse. Je crois que depuis long-temps Pichegru et Moreau entrete-naient une correspondance entre eux; et ce n’est que sur la certitude quePichegru donna au prince, que Moreau étayait de tous ses moyens un mouve-ment en France en leur faveur, que le plan fut vaguement arrêté: le rétablis-sement des Bourbons; les conseils travaillés par Pichegru; un mouvementdans Paris, et soutenu de la présence du prince; une attaque de vive forcedirigée contre le Premier Consul; la présentation du prince aux armées parMoreau, qui, d’avance, devait avoir préparé tous les esprits.