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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES.

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Les dépositions devinrent sur ce point on ne peut pas plusprécises, plus concordantes, plus complètes. Le complot acquitaux yeux du Premier Consul une funeste clarté. Il vit le comted’Artois, le duc de Berry, entourés d’émigrés, affiliés parPichegru aux républicains, ayant à leur service une troupe desicaires, promettant même de se mettre à leur tête pour l’é-gorger dans un guet-apens, qu’ils appelaient un combat loyal,à armes égales. En proie à une sorte de fureur, il n’eut plusqu’un désir, ce fut de s’emparer de ce prince qu’on devait en-voyer à Paris par la falaise de Biville. Cette vivacité de lan-gage à laquelle il se livrait, lors delà machine infernale, contreles jacobins, était maintenant tournée tout entière contre lesprinces et les grands seigneurs qui descendaient à un telrôle. — Les Bourbons croient, disait-il, qu’on peut verser monsang, comme celui des plus vils animaux. Mon sang cepen-dant vaut bien le leur. Je vais leur rendre la terreur qu’ilsveulent m’inspirer. Je pardonne à Moreau sa faiblesse, et l’en-trainement d’une sotte jalousie ; mais je ferai impitoyablementfusiller le premier de ces princes qui tombera sous ma main.Je leur apprendrai à quel homme ils ont affaire. — Tel étaitle langage qu’il ne cessait de tenir pendant celte terrible pro-cédure. Il était sombre, agité, menaçant, et, signe singulierchez lui, il travaillait beaucoup moins. Il semblait pour unmoment avoir oublié Boulogne, Brest et le Texel.

Sans perdre un instant, il manda auprès de lui le colonelSavary, sur le dévouement duquel il se reposait entièrement.Le colonel Savary n’était pas un méchant homme, quoi qu’enaient dit les détracteurs ordinaires de tout régime déchu. Ilpossédait un esprit remarquable; mais il avait vécu dans lesarmées, ne s’était fait de principes arrêtés sur rien, et ne con-naissait d’autre morale que la fidélité à un maître dont il avaitreçu les plus grands bienfaits. Il venait de passer quelquessemaines dans le Bocage, déguisé, et exposé aux plus grandspérils. Le Premier Consul lui ordonna de se déguiser de nou-

Mars 1804.

Missiondu colonelSavaryà la falaisede Biville,pour arrêterle prince donton annonçaitl’arrivée.