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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES.

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On prenait tous les jours de nouveaux complices de la con-juration qui ne laissaient aucun doute sur l’ensemble et lesdétails du plan, particulièrement sur la résolution d’assaillirla voiture du Premier Consul entre Saint-Cloud et Paris, surla présence d’un jeune prince à la tête des conjurés, sur l’ar-rivée de Pichegru pour se concerter avec Moreau, sur leursdivergences de vues, sur les retards qui s’en étaient suivis, etqui avaient amené leur perte à tous. On connaissait donc tousles faits, mais on ne prenait encore aucun des chefs, dont laprésence aurait convaincu les esprits les plus incrédules ; onne prenait pas le prince tant attendu, dont le Premier Consul,dans sa colère, voulait faire un sanglant sacrifice. Le colonelSavary, placé à la falaise de Biville, écrivait qu’il avait tout vu,tout vérifié sur les lieux mêmes, et qu’il avait constaté la par-faite exactitude des révélations obtenues quant au mode desdébarquements, quant à la route mystérieuse frayée entreBiville et Paris, quant à l’existence du petit bâtiment quichaque soir courait des bordées le long de la côte, et semblaittoujours vouloir s’approcher, sans s’approcher jamais. Onavait lieu de croire que les signaux convenus entre les con-jurés, n’étant pas faits sur le sommet de la falaise (parcequ’on ne les connaissait pas), ou bien des avertissementsayant été envoyés de Paris à Londres, le nouveau débarque-ment était contremandé ou au moins suspendu. Le colo-nel Savary avait ordre d’attendre avec une imperturbablepatience.

Dans Paris, on saisissait chaque jour la trace de Pichegruou de Georges. On avait failli les arrêter, mais chaque fois onles avait manqués d’un instant. Le Premier Consul, qui ne mé-nageait pas les moyens, résolut de présenter une loi, dont lecaractère prouvera quelle idée on se faisait, au sortir de laRévolution, des garanties des citoyens, aujourd’hui si respec-tées. On proposa donc au Corps Législatif une loi par laquelletout individu qui recèlerait Georges, Pichegru et soixante de

TOM. IV. 28

Mar» 1804.

Longue attentedu colonelSavaryà la falaisede Biville.