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[Vol. 2.]
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LIVRE XVIII.

Mars 1804.

Loi contreceux qui(ionnerontasifeà Georges et àses complices.

Paris ferme'pendantplusieursjours.

Paris revenupour quelquesjours

aux tempsde la Terreur.

leurs complices, dont on donnait le signalement, serait puni,non pas de la prison ou des fers, mais de la mort. Quiconque,les ayant vus, ou ayant connu leur retraite, ne les dénonceraitpas, serait puni de six ans de fers. Cette loi formidable, quiordonnait, sous peine de mort, un acte barbare, fut adoptée,le jour môme où elle avait été présentée, sans aucune ré-clamation.

A peine était-elle rendue, qu’elle fut suivie de précautionsnon moins rigoureuses. On pouvait craindre que les conjurés,pourchassés de la sorte, ne songeassent à prendre la fuite.Paris fut donc fermé. Tout le monde put y entrer; personnen’eut la permission d’en sortir, pendant un certain nombre dejours. Pour assurer l’exécution de cette mesure, la garde àpied fut placée par détachements à toutes les portes de la ca-pitale; la garde à cheval fit des patrouilles continuelles le longdu mur d’octroi, avec ordre d’arrêter quiconque passerait par-dessus le mur, ou de faire feu sur quiconque voudrait s’enfuir.Enfin les matelots de la garde, distribués dans des canots,stationnèrent sur la Seine, pendant le jour et la nuit. Lescourriers du gouvernement avaient seuls la faculté de sortir,après avoir été fouillés, et reconnus de manière qu’on ne pûts’y tromper.

Un moment on sembla revenu aux plus mauvais temps de laRévolution. Une sorte de terreur s’était répandue dans Paris.Les ennemis du Premier Consul en abusaient cruellement, etdisaient de lui tout ce qu’on avait dit autrefois de l’anciencomité de salut public. Dirigeant la police lui-même, il étaitinstruit de tous ces propos, et son exaspération sans cesseaccrue le rendait capable des actes les plus violents. Il étaitsombre, dur, et ne ménageait personne. Depuis les derniersévénements il ne dissimulait plus son humeur contre M. deMarkoff; et la circonstance présente fit éclater cette humeurd’une manière extrêmement fâcheuse. Parmi les gens arrêtésse trouvait un Suisse, attaché, on ne sait à quel titre, à l’am-