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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES. 435

bassadc de Russie, véritable intrigant, qu’il était peu conve-nable à une légation étrangère de prendre à son service. Àcette inconvenance M. de Markoff avait ajouté l’inconvenanceplus grande encore de le réclamer. Le Premier Consul donnal’ordre de no pas le rendre, de le tenir plus à l’étroit qu’au -paravant, et de faire sentir à M. de Markoff toute l’indécencede sa conduite. À cette occasion il fut frappé de deux circon-stances, auxquelles jusque-là il n’avait pas pris garde, c’estque M. d’Entraigues, l’ancien agent des princes émigrés, étaità Dresde, avec une commission diplomatique de l’empereurde Russie ; qu’un nommé Vernègues, autre émigré attaché auxBourbons, envoyé par eux à la cour de Naples, se trouvait àRome, et prenait la qualité de sujet russe. Le Premier Consulfit demander à la cour de Saxe le renvoi de M. d’Entraigues,à la cour de Rome l’arrestation immédiate et l’extradition dol’émigré Vernègues, et réclama ces actes rigoureux d'unemanière péremptoire, qui ne laissait guère la faculté de ré-pondre par un refus. A la première réception diplomatique,il mit à une rude épreuve la morgue de M. de Markoff, commeil y avait mis naguère la roideur de lord Withworth. II luidit qu’il trouvait fort étrange que des ambassadeurs eussentà leur service des hommes qui conspiraient contre le gouver-nement, et osassent encore les réclamer. — Est-ce que laRussie, ajouta-t-il, croit avoir sur nous une supériorité qui luipermette de tels procédés? Est-ce qu’elle nous croit tombesen quenouille, jusqu’au point de supporter de telles choses?Elle se trompe ; je ne souffrirai rien d’inconvenant, d’aucunprince sur la terre. —

Dix ans auparavant, la bienveillante Révolution de quatre-vingt - neuf était devenue la sanglante Révolution de quatre-vingt-treize, par les provocations continuelles d’ennemis in-sensés. Un effet du même genre se produisait en ce momentdans l’àme bouillante de Napoléon. Ces mômes ennemis secomportant avec Napoléon, comme ils s’étaient comportés avec

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Mars 1804.

Dans sadisposition à nerien ménager,le PremierConsul traiteM. de Markoffcomme il avaittraité lonlWithvrortli.