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LIVRE XVIII.
Mar» 1804 . la Révolution, faisaient tourner du bien au mal, de la modéra-tion à la violence, celui qui, jusqu’à ce jour, n’avait été qu’unsage à la tête de l’État. Les royalistes, qu’il avait tirés de l’op-pression, l’Europe, qu’il avait essayé de vaincre par sa modé-ration, après l’avoir vaincue par son épée, tout ce qu’il avait,en un mot, le plus ménagé, il était disposé à le maltraitermaintenant, en actes et en paroles. C’était une tempête ex-citée dans une grande à me par l’ingratitude des partis, etl’imprudente malveillance de l'Europe.
Une profonde anxiété régnait dans Paris. La terrible loiportée contre ceux qui recèleraient Georges, Pichegru et sescomplices, n’avait fait naître chez personne la basse résolutiondo les livrer; mais personne aussi ne voulait leur donnerasile. Ces malheureux, que nous avons laissés désunis, dé-concertés par leurs divergences, erraient la nuit, de maisonsen maisons, payant quelquefois six à huit mille francs la re-traite qu’on leur accordait seulement pour quelques heures.Pichegru, M. de Rivière, Georges, vivaient dans d’alïreusesperplexités. Ce dernier supportait courageusement sa situa-tion , habitué qu’il était aux aventures de la guerre civile.D’ailleurs il ne se sentait pas abaissé; il avait compromis au-tour de lui tout ce qu’il y avait de plus auguste, et il songeaitseulement à se tirer de ce mauvais pas, comme de tant d’au-tres dont il était sorti heureusement, par son intelligence et
Détresse son courage. Mais ces membres de la noblesse française, qui
dus conjures. °
poursuivis ‘ avaient cru que la France, ou tout au moins leur parti, allait
à outrance 1 ' *
dans Paris. j eur 0UV rir les bras, et qui ne trouvaient que froideur, em-barras ou blâme, étaient désolés de leur entreprise. Ils sen-taient mieux maintenant l’odieux d’un projet qui ne s’offraitplus sous les couleurs décevantes que l’espérance du succèsprête à toutes choses. Ils sentaient l’indignité des relationsauxquelles ils s’étaient condamnés, en s’introduisant en Franceavec une troupe de chouans. Pichegru, qui à des vices déplo-rables joignait certaines qualités, le sang-froid, la prudence,