Band 
[Vol. 2.]
Seite
437
JPEG-Download
 

CONSPIRATION DE GEORGES.

437

une haute pénétration, Pichegru voyait bien qu’au lieu de se Juillet isoj.relever de sa première chute, il était tombé dans le fond d’unabîme. Une première faute commise quelques années aupara-vant, celle d’accepter de coupables relations avec les Condés,l’avait conduit à devenir un traître, puis un proscrit. Mainte-nant il allait être trouvé parmi les complices d’un guet-apens.

Cette fois il ne resterait plus rien de la gloire du vainqueurde la Hollande ! En apprenant l’arrestation de Moreau, il de-vina le sort qui l’attendait, et s’écria qu’il était perdu. La fa-miliarité de ces chouans lui était odieuse. 11 se consolait dansla société de M. de Rivière, qu’il trouvait plus sage, plussensé que les autres amis du comte d’Artois, envoyés à Paris.

Un soir, réduit au désespoir, il saisit un pistolet, et allait sebrûler la cervelle, lorsqu’il en fut empéché par M. de Rivièrelui-môme. Une autre fois, privé de gîte, il eut une inspirationqui l’honorc, et qui honore surtout l’homme auquel il eut re-cours dans le moment. Parmi les ministres du Premier Consul,se trouvait un des proscrits du 18 fructidor : c’était M. deMarbois. Pichegru n’hésita pas à venir, pour une nuit, frapperà sa porte, et lui montrer de nouveau le proscrit de Sinna-mari, demandant à un autre proscrit de Sinnamari, devenuministre du Premier Consul, de violer la loi de son maître.

M. de Marbois le reçut avec douleur, mais sans inquiétudepour lui-môme. L’honneur qu’on lui faisait en comptant sursa générosité, il le faisait à son tour au Premier Consul, en nedoutant pas de son approbation. C’est un spectacle qui consolede ces tristes scènes, de voir ces trois hommes, si divers,compter les uns sur les autres : Pichegru sur M. de Marbois,

M. de Marbois sur le Premier Consul. Plus tard, en effet,

M. de Marbois avoua ce qu’il avait fait, et le Premier Consullui répondit par une lettre qui était une noble approbation desa généreuse conduite.

Mais une telle situation devait avoir un terme prochain. Un Arre*t»iion

de Vichejrn

officier qui avait été attaché à Pichegru trahit sou secret, et