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[Vol. 2.]
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LIVRE XVIII.

Mars 1804.

Arrestationde MM. deRivière

et de Polignac.

le livra à la police. La nuit, pendant que le général dormait,entouré des armes dont il ne se séparait jamais, et des livresdont il faisait sa lecture accoutumée, la lampe étant éteinte,un détachement de la gendarmerie d’élite pénétra dans saretraite, pour le saisir. Éveillé par le bruit, il voulut se jetersur ses armes, n’en eut pas le temps, et se défendit quelquesminutes avec une grande vigueur. Bientôt vaincu, il se rendit,et fut transporté au Temple, où devait finir de la manière laplus malheureuse une vie jadis si brillante.

A peine était-il arrêté que M. Armand de Polignac, aprèslui M. Jules de Polignac, et enfin M. de Rivière, poursuivissans relâche, non pas dénoncés, mais bientôt aperçus enchangeant d’asile, furent saisis à leur tour. Ces arrestationsproduisirent sur l’opinion un effet profond et général. Lamasse des gens honnêtes, dénuée d’esprit de parti, fut édifiéesur la réalité du complot. La présence de Pichegru, des amispersonnels de M. le comte d’Artois, ne laissait plus de doute.Apparemment ils n’avaient pas été amenés en France par lapolice, cherchant à échafauder un complot. La gravité desdangers qu’avait courus et que courait encore le PremierConsul, se révéla tout entière, et on éprouva plus vivementque jamais l’intérêt que devait inspirer une vie si précieuse.Ce n’était plus l’envieux rival de Moreau qui avait vouluperdre ce général, c’était le sauveur de la France exposé auxmachinations incessantes des partis. Toutefois les malveillants,quoique un peu déconcertés, ne se taisaient pas. A les en-tendre, MM. de Polignac, de Rivière, étaient des imprudents,incapables de se tenir en repos, s’agitant sans cesse avec M. lecomte d’Artois, et venus uniquement pour voir si les circon-stances étaient favorables à leur parti. Mais il n’y avait là ni com-plot sérieux, ni péril menaçant, de nature à justifier l’intérêtqu’on cherchait à inspirer pour la personne du Premier Consul.

Il fallait, pour fermer la bouche à ces discoureurs, poul-ies confondre, une arrestation de plus, celle de Georges. Alors