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LIVRE XVIII.
Mars 1804 . de sa puissance. II y avait dans son cœur, outre la vengeance,Résolution un autre sentiment : c’était une sorte d’orgueil. Il disait tout
persistante
Ju^vremier haut, à tout venant, qu’un Bourbon pour lui n’était pas plusunpriîîce < ï ue Moreau ou Pichegru, et même moins; que ces princes,de Bourbon. se cr0 yant inviolables, compromettaient à leur gré une foulede malheureux de tout rang, et puis se mettaient à l’abri der-rière la mer ; qu’il finirait bien par en prendre un, et quecelui-là il le ferait fusiller comme un coupable ordinaire ; qu’ilfallait qu’on sût enfin à qui on avait affaire, en s’attaquant àlui ; qu’il n’avait pas plus peur de verser le sang d’un Bourbonque le sang du dernier des chouans ; qu’il apprendrait bientôtau monde que les partis étaient tous égaux à ses yeux; queceux qui attireraient sur leur tête sa main redoutable, en sen-tiraient le poids, quels qu’ils fussent, et qu’après avoir étéle plus clément des hommes, on verrait qu’il pouvait devenirle plus terrible.
Nous sommes venus à Paris ensemble, et avec quelques officiers à sa dispo-sition.
Lorsque je suis parti cette dernière fois de Londres, je savais quels étaientles projets du comte d’Artois ; je lui étais trop attaché pour ne pas l’accom-pagner.
Son plan était d’arriver en France, de faire proposer au Premier Consuld’abandonner les rênes du gouvernement, afin qu’il pût en saisir son frère.
Si le Premier Consul eût rejeté cette proposition, le comte était décidé àengager une attaque de vive force, pour tâcher de reconquérir les droits qu’ilregardait comme appartenant à sa famille.
Je n’ignorais pas qu’il n’était pas encore prêt à tenter la descente lorsque jesuis parti *, si je l’ai devancé, c’est par désir de voir, comme je l’ai dit, mesparents, ma femme et mes amis.
Lorsqu’il fut question d’un second débarquement, le comte d’Artois me fitentendre qu’en raison de la confiance qu’il avait en moi et du zèle que j’avaistoujours témoigné, il désirait que j’en fisse partie; c’est ce qui me déterminaà passer sur le premier bâtiment.
Je dois vous observer qu’au moment de mon départ, j’ai hautement déclaréque, si tous ces moyens n’avaient pas le cachet de la loyauté, je me retireraiset repasserais en Rassie. . -...
Demande. Est-il h votre connaissance que le général Moreau voyaitPichegru et Georges Cadoudal ?
Réponse. J’ai su qu’il y avait eu une conférence très-sérieuse kChaillot,