CONSPIRATION DE GEORGES.
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Personne n’osait le contredire : le consul Lebrun se taisait;le consul Cambacérès se taisait aussi, en laissant voir pour-tant cette désapprobation silencieuse, qui était sa résistanceà certains actes du Premier Consul. M. Fouché, qui voulait seremettre en faveur, et qui, porté en général à l’indulgence,désirait néanmoins brouiller le gouvernement avec les roya-listes , approuvait fort la nécessité d’un exemple. M. de Tal-leyrand, qui certes n’était pas cruel, mais qui ne savait jamaiscontredire le pouvoir, à moins qu’il n’en fût devenu l’ennemi,et qui avait à un degré funeste le goût de lui plaire quand ill’aimait, M. de Talleyrand disait aussi avec M. Fouché, qu’onavait trop fait pour les royalistes, qu’à force de les bien traiter,on était allé jusqu’à donner aux hommes de la Révolution desdoutes fâcheux, et qu’il fallait punir enfin, punir sévèrementet sans exception. Sauf le Consul Cambacérès, tout le monde
maison numéro six, où logeait Georges Cadoudal, entre ledit Cadoudal, legénéral Moreau, et Pichegru, ex-général.
On m’a assuré que Georges Cadoudal, après différentes ouvertures et ex-plications, avait dit au général Moreau : Si vous voulez, je vous laisserai avecPichegru, et alors vous finirez peut-être par vous entendre ;
Qu'enfin le résultat n’avait laissé que des incertitudes désagréables, attenduque Georges Cadoudal et Pichegru paraissaient bien fidèles à la cause duprince, mais que Moreau restait indécis, et faisait soupçonner des idées d’in-térêts particuliers. J’ai su, depuis, qu’il y avait eu d’autres conférences entrele général Moreau et l’ex-général Pichegru.
Extrait de l’interrogatoire subi par M. Jules de Polignac devantle conseiller d’Etat Réal, le 16 ventôse (7 Mars), et cité dans l’acted’accusation.
Tome I, page 61.
Interpellé.
A répondu : Que lui paraissant, ainsi qu’à son frère, que ce qu’on voulaitfaire n’était pas aussi noble qu’ils devaient naturellement l’espérer, ils avaientparlé de se retirer en Hollande.
rnvité à expliquer le motif de ses craintes,
11 a répondu, qu’il soupçonnait qu’au lieu de remplir une mission quelconquerelative à un changement de gouvernement, il était question d’agir contre nnseul individu, et que c’était le Premier Consul que le parti de Georges seproposait d’attaquer.
Mars 1804.Les
dispositionsdu PremierConsul peucombattues.