CONSPIRATION DE GEORGES.
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Il attendait toujours avec la plus vive impatience des nou-velles du colonel Savary, placé en sentinelle avec cinquantehommes à la falaise de Biville. Le colonel était en observationdepuis vingt et quelques jours, et aucun débarquement n’a-vait lieu. Le brick du capitaine Wright paraissait chaque soir,courait des bordées, mais ne touchait jamais au rivage, soit,comme nous l’avons dit, que les passagers que portait le ca-pitaine Wright attendissent un signal qu’on ne leur faisaitpas, soit que les nouvelles de Paris les engageassent à ne pasdébarquer. Le colonel Savary dut enfin déclarer que sa mis-sion se prolongeait inutilement et sans but.
Le Premier Consul, dépité de ne pas saisir l’un de ces prin-ces qui en voulaient à sa vie, promenait scs regards sur tousles lieux où ils résidaient. Un matin, dans son cabinet, en-touré de MM. de Talleyrand et Fouché, il se faisait énumérerles membres de cette famille infortunée, autant à plaindrepour ses fautes que pour ses malheurs. On lui disait queLouis XVIII, avec le duc d’Àngoulémc, habitait Varsovie; queM. le comte d’Artois et le duc de Berry se trouvaient à Lon-dres; que les princes de Condé se trouvaient aussi à Londres,hors un seul, le troisième, le plus jeune, le plus entreprenant,le duc d’Enghien, qui vivait à Ettenheim, fort près de Stras-bourg. C’était de ce côté aussi que MM. Taylor, Smith et Drake,agents anglais, cherchaient à fomenter des intrigues. L’idéeque ce jeune prince pouvait se servir du pont de Strasbourg,comme le comte d’Artois avait voulu se servir de la falaisede Biville, vint tout à coup à l’esprit du Premier Consul, et ilrésolut d’envoyer sur les lieux un sous-officier de gendar-merie intelligent, pour prendre des informations. On en avaitun qui avait servi autrefois, lorsqu’il était jeune, auprès desprinces de Condé. On lui ordonna de se déguiser, de se rendrecà Ettenheim, et de se procurer des renseignements sur leprince, sur son genre de vie, sur ses relations.
Le sous-officier partit avec cette commission, et se rendit
Mars 1804.
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la situationprésentedes princesde Bourbon.
Sous-officierenvoyéà Ettenheimpour observerle ducd’Enghien.