CONSPIRATION DE GEORGES.
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prince,' une foule de détails dont il était facile à des espritsprévenus de tirer de funestes inductions. On disait que lejeune duc s’absentait souvent; qu’il s’absentait même pourplusieurs jours, quelquefois, ajoutait-on, pour aller à Stras-bourg. Il avait avec lui un personnage qu’on présentait commebeaucoup plus important qu’il n’était, et qui s’appelait d’unnom que les Allemands, auteurs de ces rapports, prononçaientmal, et de manière à faire croire que c’était le général Du-mouriez. Ce personnage était le marquis de Thumery, dontnous venons de citer le nom, et que le sous-officier, trompépar la prononciation allemande, prit de bonne foi pour lecélèbre général Dumouriez. Il consigna ces détails dans sonrapport, écrit, comme on le voit, sous l’influence des illu-sions les plus malheureuses, et envoyé sur-le-champ à Paris.
Ce rapport fatal arriva le 10 mars au matin. La veille ausoir, dans la nuit, et le matin encore du même jour, une dé-position non moins fatale avait été plusieurs fois renouvelée.On avait obtenu cette déposition du nommé Léridant, qui étaitle serviteur de Georges, arrêté avec lui. Il avait résisté d’a-bord aux interrogations pressantes de la justice; puis il avaitfini par parler avec une sincérité qui semblait complète; et ilvenait enfin de déclarer qu’en effet il y avait un complot, qu’unprince était à la tête de ce complot, que ce prince allait ar-river, ou était même arrivé; que quant à lui, il avait lieu dele croire, car il avait vu venir quelquefois chez Georges unhomme jeune, bien élevé, bien vêtu, objet du respect général.Cette déposition, souvent répétée, et chaque fois avec de nou-veaux détails, avait été portée au Premier Consul. Le rapportdu sous-officier de gendarmerie lui ayant été remis au mêmeinstant, il se produisit dans sa tête le plus funeste concoursd’idées. Les absences du duc d’Enghien se lièrent avec la pré-tendue présence d’un prince à Paris. Ce jeune homme pourlequel les conjurés montraient tant de respect, ne pouvaitêtre un prince venu de Londres, car la falaise de Biville
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Mars 1804.
Fatal concoursdu rapportfait sur le ducd’Enghien,avec
la dépositiond’un
domestiquede Georges.