Band 
[Vol. 2.]
Seite
454
JPEG-Download
 

LIVRE XV111.

Mars 1804.

Arrcstatiun«lu ducd’Kitghicn,lu 16 mars.

On no trouveà Ettcnheimni les papiersqu'oncherchait,ni le generalDumouriez.

r>4

pas la peine d’expliquer quelles étaient ses intentions en en-levant le prince, ni ce qu’il voulait faire de lui. Il commandaiten général à des hommes qui obéissaient en soldats. Cepen-dant le colonel Caulaincourt, que des relations de naissanceattachaient à l’ancienne famille royale, et particulièrement auxCoudés, était profondément triste, bien qu’il n’eût pour sapart qu’une lettre à porter, et qu’il fût bien loin de prévoirl’horrible catastrophe qui se préparait. Le Premier Consul neparut pas y prendre garde, et leur enjoignit à tous de semettre en route au sortir des Tuileries.

Les ordres qu’il venait de donner furent ponctuellementexécutés. Cinq jours après, c’est-à-dire le 15 mars, le déta-chement de dragons, avec toutes les précautions ordonnées,partit de Schelestadt, passa le Rhin, surprit et enveloppa lapetite ville d'Ettcnheim, avant qu’aucune nouvelle de ce mou-vement pût y parvenir. Le prince, qui avait reçu antérieure-ment des conseils de prudence, mais qui au moment mêmen’eut point d’avis positif de l’expédition dirigée contre sa per-sonne , se trouvait alors dans la demeure qu’il avait coutumed’habiter à Ettenheim. En se voyant assailli par une troupearmée, il voulut d’abord se défendre, mais il en comprit bien-tôt l’impossibilité. 11 se rendit, déclara lui-même son nom àceux qui le cherchaient sans le connaître, et, avec un vifchagrin de perdre sa liberté, car l’étendue du péril lui étaitencore inconnue, il se laissa conduire à Strasbourg, et enfer-mer dans la citadelle.

On n’avait découvert ni les papiers importants qu’on avaitespéré se procurer, ni le général Dumouriez qu’on supposaitauprès du prince, ni aucune de ces preuves du complot tantalléguées pour motiver l’expédition. Au lieu du général Du-mouriez , on avait trouvé le marquis de Thumery et quelquesautres émigrés de peu d’importance. Le rapport contenantles stériles détails de l’arrestation fut envoyé immédiatementà Paris.