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LIVRE XVIII.
Mar» 1604. donc la translation du prince à Paris, et sa comparutionLe prince devant une commission militaire, pour avoir cherché à ex-
envoyé à ' 1
lilr 'l’iine livrë Clter § uerre civile, et porté les armes contre la France. La'înTSe'. 0 ” question ainsi posée était résolue d’avance, d’une manièresanglante. Le \ 8 mars le prince fut extrait de la citadelle deStrasbourg, et conduit sous escorte à Paris.
Au moment où ce terrible sacrifice approchait, le PremierConsul voulut être seul.
Il partit le 18 mars, dimanche des Rameaux, pour la Mal-maison, retraite où il était plus assuré de trouver l’isolementet le repos. Excepté les Consuls, les ministres et ses frères,il n’y reçut personne. 11 s’y promenait seul des heures en-tières , affectant sur son visage un calme qui n’était pas dansson cœur. La preuve de ses agitations est dans son oisivetémême, car il ne dicta presque pas uno lettre, pendant les huitjours de son séjour à la Malmaison, exemple d’oisiveté uniquedans sa vie : et cependant Brest, Boulogne, le Texel, occu-paient, quelques jours avant, toute l’activité de sa pensée!Sa femme, qui était instruite, comme toute sa famille, de l’ar-restation du prince, sa femme, qui, avec cette sympathie dontelle ne pouvait se défendre pour les Bourbons, avait horreurde l’effusion du sang royal, qui, avec cette prévoyance ducœur propre aux femmes, apercevait peut-être dans un actecruel des retours de vengeance possibles contre son époux,contre ses enfants, contre elle-même, sa femme fondant enlarmes lui parla plusieurs fois du prince, ne croyant pas en-core, mais craignant que sa perte ne fût résolue. Le PremierConsul, qui mettait une sorte d’orgueil à comprimer les mou-vements de son cœur, généreux et bon, quoi qu’en aient ditceux qui ne l’ont pas connu, le Premier Consul repoussait ceslarmes, dont il craignait l’effet sur lui-même. Il répondait àmadame Bonaparte, avec une familiarité qu’il cherchait à ren-dre dure : Tu es une femme, tu n’entends rien û ma politique;ton rêle est de te taire. —