CONSPIRATION DE GEORGES.
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des faits, se sentait touché par sa franchise, par ses demandes Mars îswinstantes d’ôtre conduit devant le Premier Consul, M. Réalpouvait communiquer ses impressions à celui qui tenait lavie du prince en ses puissantes mains. Il y avait donc en-core, môme après la condamnation, un moyen de sortir del’affreuse voie dans laquelle on s’était engagé, en faisant auduc d’Enghien une grâce noblement demandée, et noblementaccordée !
C’était la dernière chance qui restât pour sauver la vie dujeune prince et pour épargner une grande faute au PremierConsul. Ce dernier y pensait dans ce moment, même après lesordres qu’il venait de donner. En effet, pendant cette tristesoirée du 20 mars, il était enfermé à la Malmaison avec safemme, son secrétaire, quelques dames et quelques officiers.
Seul, distrait, affectant le calme, il avait fini par s’asseoir de-vant une table, et il jouait aux échecs avec l’une des damesles plus distinguées de la cour consulaire ’, laquelle, sachantque le prince était arrivé, tremblait d’épouvante en pensantaux conséquences possibles de cette fatale journée. Elle n’o-sait lever les yeux sur le Premier Consul, qui, dans sa distrac-tion , murmura plusieurs fois les vers les plus connus de nospoètes sur la clémence, d’abord ceux que Corneille a mis dansla bouche d’Auguste, et puis ceux que Voltaire a mis dans labouche d’Alzire.
Ce ne pouvait être là une sanglante ironie; elle eût été tropbasse et trop inutile. Mais cet homme si ferme était agité, et ilrevenait parfois à considérer en lui-même la grandeur, la no-blesse du pardon accordé à un ennemi vaincu et désarmé.
Cette dame crut le prince sauvé ; elle en fut remplie de joie.Malheureusement il n’en était rien.
La commission s’était réunie à la hâte, ses membres igno-
1 Cette dame est madame de Rémusat, et elle a consigné ce re'eit dans sesMémoires, restés manuscrits jusqu a ce jour, et aussi intéressants que spiri-tuellement écrits.