LIVRE XVIII.
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Mars 1804 . rant pour la plupart de quel accusé il s’agissait. On leur ditque c’était un émigré poursuivi pour avoir attenté aux lois dola République. On leur apprit son nom. Quelques-uns de cessoldats de la République, enfants quand la monarchie avaitcroulé, savaient à peine que le nom d’Enghien était porté parl’héritier présomptif des Condés. Leur cœur cependant souf-frait d’une telle mission, car depuis plusieurs années on necondamnait plus d’émigrés. Le prince fut amené devant eux.Il était calme, môme fier, et doutait encore du sort qui l’atten-dait. Interrogé sur son nom, sur ses actes, il répondit avecfermeté, repoussa toute participation au complot actuellementpoursuivi par la justice, mais avoua peut-être avec trop d’os-tentation, qu’il avait servi contre la France, et qu’il était surles bords du Rhin pour servir de nouveau, et de la mômemanière. Le président insistant sur ce point avec l’intentionde lui révéler le danger d’une telle déclaration, faite en detels termes, il répéta ce qu’il avait dit, avec une assuranceque le danger ennoblissait, mais qui blessa ces vieux soldats,habitués à verser leur sang pour défendre le sol de leurpatrie. Cette impression fut fâcheuse. Le prince demandaplusieurs fois, et avec force, à voir le Premier Consul. On leramena dans le donjon, et on entra en délibération. Rien queses déclarations répétées eussent révélé en lui un implacableennemi de la Révolution, ces cœurs de soldats étaient touchéspar la jeunesse, par le courage du prince. La question poséecomme elle l’était, ne pouvait amener qu’une solution funeste.Les lois de la République et de tous les temps punissaient de
Arrêt de peines capitales le fait de servir contre la France. Cependant
I r commission .
militaire, il y avait bien des lois violées contre le prince, comme de
et son
exécution, l’avoir enlevé sur le sol étranger, comme de le priver d’undéfenseur, et c’étaient des considérations qui auraient dû agirsur la détermination des juges. Dans la confusion où ils étaientplongés, ces malheureux juges, affligés de leur rôle plus qu’onne peut dire, prononcèrent la mort. Cependant la plupart