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[Vol. 2.]
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CONSPIRATION DE GEORGES.

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d’entre eux exprimèrent le désir de renvoyer la sentence Mars iao4.à la clémence du Premier Consul, et surtout de lui présenter leprince, qui demandait à le voir. Mais les ordres du matin, quiportaient de tout finir dans la nuit, étaient précis. M. Réalseul pouvait, en arrivant, en interrogeant le prince, obtenir unsursis. M. Réal ne parut point. La nuit s’était écoulée, le jourapprochait. On conduisit le prince dans un fossé du château,et là il reçut, avec une fermeté digne de sa naissance, le feudes soldats de la République, qu’il avait combattus tant defois du milieu des rangs autrichiens. Tristes représailles de laguerre civile 1 Ilfutenseveli sur la place même où il était tombé.

Le colonel Savary partit immédiatement, pour rendre compteau Premier Consul de l’exécution de ses ordres.

En route, il rencontra M. Réal, qui venait interroger le pri-sonnier. Ce conseiller d’Élat, exténué de fatigue par un travailde plusieurs jours et de plusieurs nuits, avait défendu à sesdomestiques de l’éveiller. L’ordre du Premier Consul ne luiavait été remis qu’à cinq heures du matin. Il arrivait, maistrop tard. Ce n’était pas une machination ourdie, comme onl’a dit, pour surprendre un crime au Premier Consul ; pointdu tout. C’était un accident, un pur accident, qui avait ôté auprince infortuné la seule chance de sauver sa vie, et au Pre-mier Consul une heureuse occasion de sauver une tache à sagloire. Déplorable conséquence de la violation des formesordinaires de la justice 1 Quand on viole ces formes sacrées,inventées par l’expérience des siècles, pour garder la vie deshommes de l’erreur des juges, on est à la merci d’un hasard,d’une légèreté! La vie des accusés, l’honneur des gouverne-ments, dépendent quelquefois de la rencontre la plus fortuite 1Sans doute la résolution du Premier Consul était prise, maisil était agité ; et si le cri du malheureux Coudé demandant lavie, fût arrivé jusqu’à lui, ce cri ne l’aurait pas trouvé insen-sible; il eût cédé à son cœur, il aurait été glorieux d’y céder.

Le colonel Savary arriva fort ému à la Malmaison. Sa pré-