CONSPIRATION DE GEORGES.
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Il est affligeant pour l’honneur de l'humanité d’ôtre obligé Mars ia»de dire, que la terreur inspirée par le Premier Consul agitefficacement sur les princes de Bourbon et sur les émigrés.
Ils ne se crurent plus en sûreté, en voyant que le sol germa-nique n’avait pas môme couvert le malheureux ducd’Enghien;et, à partir de ce jour, les complots de ce genre cessèrent.
Mais cette triste utilité ne saurait justifier de tels actes ! Mieuxvalait un danger de plus pour la personne du Premier Consul,si souvent exposée sur les champs de bataille, que la sécuritéacquise à un tel prix.
Le bruit se répandit bientôt dans Paris qu’un prince avaitété saisi, transféré à Vincennes, et fusillé. L’effet fut grand etdéplorable. Depuis l’arrestation de Pichegru et do Georges, lePremier Consul était devenu l’objet de toutes les sollicitudes.
On était indigné contre tous ceux qui s’étaient associés à deschouans pour menacer sa vie; on était fort sévère pour Mo-reau, dont la culpabilité moins démontrée commençait cepen-dant à devenir vraisemblable ; on faisait des vœux ardentspour l’homme qui ne cessait pas d’étre, aux yeux de tous, legénie tutélaire de la France. La sanglante exécution de Yin-cennes opéra une réaction subite. Les royalistes furent pro-digieusement irrités et plus effrayés encoro; mais les genshonnêtes furent désolés de voir un gouvernement admirablejusque-là, tremper les mains dans le sang, et en un jour semettre au niveau de ceux qui avaient fait mourir Louis XVI,e^, il faut le reconnaître, sans l’excuse des passions révolu-tionnaires qui en 1793 avaient troublé les tètes les plus fermeset les coeurs les meilleurs.
Il n’y avait de satisfaits que les révolutionnaires ardents,ceux dont le Premier Consul était venu terminer le règne in-sensé. lis le trouvaient en un jour devenu presque leur égal.
Aucun d’eux ne craignait plus que le général Bonaparte tra-vaillât désormais pour les Bourbons.
Singulière misère de l’esprit humain! Cet homme extraor-