IÉNA.
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surpris que Napoléon de ce qui se passait à Berlin, car on neveut voir chez les cabinets que des calculs, jamais des pas-sions. Ils en ont cependant, et ces irritations subites, qui, dansla vie privée, s’emparent quelquefois de deux hommes, et leurmettent le fer à la main, sont tout aussi souvent, plus souventmême qu’un intérêt réfléchi, la cause qui précipite deux nationsl’une sur l’autre. Le malaise moral de la Prusse, naissant deses fautes, et des traitements que ces fautes lui avaient atti-rés de la part de Napoléon, était bien plus qu’une trahisonméditée la cause véritable de ses emportements soudains, in-intelligibles, que personne ne parvenait à s’expliquer.
Croyant donc à une nouvelle coalition, et voulant la pour-suivre cette fois jusqu’au fond des régions glacées du Nord,Napoléon proportionna ses préparatifs aux circonstances qu’ilprévoyait. Il pourvut non-seulement aux moyens d’attaquecontre ses adversaires, moyens qui se trouvaient tout prépa-rés dans la grande armée réunie au sein de l’Allemagne, maisaux moyens de défense pour les vastes États qu’il devait lais-ser derrière lui, pendant qu’il se porterait sur l’Elbe, surl’Oder, peut-être sur la Yistule et le Niémen. À mesure quesa domination s’étendait, il fallait que sa sollicitude se propor-tionnât à l’étendue .croissante de son empire. 11 avait à s’occu-per de l’Italie du détroit de Messine à l’Izonzo, et même audelà, puisque la Dalmatie lui appartenait. 11 avait à s’occuperde la Hollande, devenue d’État allié un royaume de famille. 11fallait pourvoir à ia garde de ces nombreuses contrées, et deplus à leur gouvernement, depuis que ses frères y régnaient.
On ne doit pas se dissimuler qu’en plaçant dans sa famillela couronne des Deux-Siciles, Napoléon avait ajouté autant àSes difficultés qu’à sa puissance. En examinant de près lessoucis, les dépenses d’hommes et d’argent que lui coûtait len °uvel établissement de son frère Joseph à Naples, on estc °nduit à croire qu’au lieu de chasser les Bourbons de l’Italieméridionale, fi eût peut-être mieux valu les y laisser soumis,
Sept. 1806.
La sollicitudede Napoléonétendue àtoutes les partiesde l’Empire.
Difficultés del’établissementde JosephBonaparteà Naples.