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[Vol. 4.]
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(5 LIVRE XXV.

sept. 1806. tremblants, punis de leur dernière trahison par de fortes con-tributions de guerre, par des réductions de territoire, et parla dure obligation d’exclure les Anglais des ports de la Calabreet do la Sicile. Il est vrai qu’on n’aurait pas achevé ainsi derégénérer l’Italie, d’arracher ce noble et beau pays au systèmebarbare sous lequel il vivait opprimé, de l’associer complète-ment au système social et politique de la France ; il est vraiqu’on aurait toujours eu dans les cours de Naples et de Romedeux ennemis cachés, prêts à appeler les Anglais et les Rus-ses. Mais ces raisons, qui étaient puissantes assurément, etqui justifiaient Napoléon d’avoir entrepris la conquête de lapéninsule italienne, depuis l’Izonzo jusqu’à Tarente, deve-naient alors des raisons décisives, non pas de limiter ses en-treprises au midi de l’Europe, mais de les limiter au nord,car la Dalmatie exigeait vingt mille hommes, la Lombardiecinquante mille, Naples cinquante mille, c’est-à-dire cent vingtmille pour l’Italie seule; et s’il en fallait encore deux ou troiscent mille du Danube à l’Elbe, il était à craindre qu’on ne pûtpas long-temps suffire à de telles charges, et qu’on succombâtau nord pour s’être trop étendu au midi, ou au midi pouravoir trop tenté au nord. Nous répéterons en cette occasion ceque nous avons dit ailleurs, qu’à se borner quelque part, ilvalait mieux se borner au nord, car la famille Bonaparte cher-chant à s’étendre en Italie ou en Espagne, comme l’avait faitl’ancienne maison de Bourbon, agissait dans le vrai sens de lapolitique française, bien plus qu’en travaillant à se créer desétablissements en Allemagne.

Joseph, bien accueilli par la population éclairée et riche quela reine Caroline avait maltraitée, applaudi même un instantpar le peuple comme une nouveauté, surtout dans les Cala-bres qu’il venait de parcourir, Joseph avait pu cependants’apercevoir bientôt de l’immense difficulté de sa tâche. N’ayantni matériel dans les magasins et les arsenaux, ni fonds dansles caisses publiques, car le dernier gouvernement n’avait pas