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LIVRE XXV.

Sept. 1806.Précautionsprises enAllemagnepour couvrirla Bavière.

Moyensde défensepréparésà Brauuau.

Napoléon, toujours préoccupé de ce que pourrait tenterl’Autriche pendant qu’il serait en Prusse, ordonna de sem-blables précautions du côté de la Bavière. Il avait enjoint aumaréchal Soult de laisser une forte garnison à Braunau, placede quelque importance, à cause de sa situation sur l’Inn. Ilavait recommandé d’y exécuter les travaux les plus urgents,et d’y accumuler les bois qui descendent des Alpes par l’Inn,disant qu’avec des bras et du bois, on pouvait créer une placeforte, là où il n’existerait rien. Il avait mis en garnison à Brau-nau le 3 e de ligne, beau régiment à quatre bataillons, donttrois de guerre, plus 500 hommes d’artillerie, 500 hommesde cavalerie, un détachement bavarois, de nombreux officiersdu génie, le tout présentant une force d’environ 5 mille hom-mes. II y avait amassé des vivres pour huit mois, une grandequantité de muuitions, une somme considérable d’argent, ilavait ajouté à ces précautions le choix d’un commandant éner-gique, en lui donnant des instructions dignes de servir de le-çon à tous les gouverneurs de villes assiégées. Ces instructionscontenaient l’ordre de se défendre à outrance, de ne se ren-dre qu’en cas de nécessité absolue, et après avoir supportétrois assauts répétés au corps de place.

Napoléon avait décidé en outre qu’une partie de l’arméebavaroise, laquelle était à sa disposition en vertu du traité dela Confédération du Rhin, serait réunie sur les bords de l’Inn.Il avait ordonné de former une division de 15 mille hommesde toutes armes, et de la placer sous le canon de Braunau.Dé telles forces, si elles ne pouvaient tenir la campagne, étaientcependant un premier obstacle opposé à un ennemi débou-chant à l’improviste, et un point d’appui tout préparé pourl’armée qui viendrait au secours de la Bavière. Napoléon, eneffet, quelque avancé qu’il fût en Allemagne, pourrait tou-'ours, après avoir éloigné les Prussiens et les Russes par unebataille gagnée, faire volte-face, se jeter par la Silésie ou parla Saxe sur la Bohême, et punir sévèrement l’Autriche, si elle