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[Vol. 4.]
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LIVRE XXV.

Octob. 1806. Les motifs de son choix étaient profonds. D’abord il avait

préferee par ses troupes dans la haute Franconie, et s’il les eût transportées

Napoléon. , , , r

vers le nord, pour gagner la Westphahe, il se serait exposéà faire le double ou le triple du chemin, et à démasquer sonmouvement par la longueur seule du trajet. Indépendammentde la longueur et de la signification de ce trajet, il aurait ren-contré l’Ems, le Wéser, l’Elbe, et eût été obligé de franchirces fleuves, dans la partie inférieure de leurs cours, lorsqu’ilssont devenus de redoutables obstacles. Ces raisons ne laissaientde choix qu’entre deux partis : ou il fallait prendre la granderoute centrale de l’Allemagne, qui se dirige par Francfort,Hanau, Fulde, Gotha, Weimar sur Leipzig, et passe à gauchede la forêt de Thuringe ; ou bien il fallait remonter le Meinjusqu’à sa source, et se jeter de la vallée du Mein dans lavallée de la Saale, ce qui consistait à passer à la droite de laforêt' de Thuringe. (Voir les cartes n os 28 et 34.) Cependant,entre ces deux routes, la seconde était de beaucoup préférable,par une raison qui tenait au plan général de Napoléon, et ason système de guerre. Plus il passait à droite, plus il avaitchance de tourner les Prussiens par leur gauche, de les gagnerde vitesse sur l’Elbe, de les séparer de la Saxe, de leur enôter les ressources et les soldats, de franchir l’Elbe dans lapartie de son cours la plus facile à traverser, de se rendremaître de Berlin, et enfin après avoir devancé les Prussienssur l’Elbe, de les prévenir sur l’Oder, par où les Russes pou-vaient arriver à leur secours. Si Napoléon atteignait ce but,il faisait quelque chose de pareil à ce qu’il avait accomplil’année précédente, en tournant le général autrichien Mack,en l’isolant des secours russes, et en coupant en deux les forcesde la coalition, de manière à battre une portion après l’autre.Être le premier sur l’Elbe et sur l’Oder, était donc le grandproblème à résoudre dans cette guerre. Pour cela, les défilésqui conduisent de la Franconie dans la Saxe, en passant àdroite de la forêt de Thuringe, étaient la vraie route que Na-