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[Vol. 4.]
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LIVRE XXV.

Octob. 1806 . allaient être perdues de gré ou de force par un mouvementoffensif de Napoléon, et quand on lui avait vu parcourir l’Au-triche à pas de géant, sans être arrêté par les montagnes oules fleuves, il était puéril de compter l’espace avec lui. Ceslignes de la forêt de Thuringe, de l’Elbe, de l’Oder, qu’oncraignait de livrer, on était certain de se les voir enlever parune seule manœuvre de Napoléon, sans en pouvoir faire lesdegrés successifs d’une retraite bien calculée, et en perdant,outre les provinces contenues entre ces lignes, l’armée elle-même , c’est-à-dire la monarchie. Enfin pour ce qui regardaitl’honneür des armes, il fallait tenir peu de compte des appa-rences : une retraite qu’on peut imputer au calcul, n’a jamaiscompromis la réputation d’une armée.

Au surplus, aucune de ces idées n’avait été discutée dansle conseil tumultueux, où roi, princes, généraux, ministres,délibéraient sur les opérations de la prochaine guerre. Il yrégnait une telle ardeur, qu’on ne souffrait la discussionqu’entre des plans offensifs; et ces plans tendaient tous à por-ter l’armée prussienne en Franconie, au milieu des cantonne-ments de l’armée française, pour surprendre celle-ci, et larejeter sur le Rhin, avant qu’elle eût le temps de se concentrer.

Le plan qui aurait le mieux convenu à la prudence du ducde Brunswick, eût été de rester blotti derrière la forêt deThuringe, et d’attendre dans cette position que Napoléon dé-bouchât par l’un ou l’autre côté de cette forêt, par les défilésde la Franconie en Saxe, ou par la route centrale de l’Alle-magne, qui va de Francfort à Weimar. (Voir la carte n° 34.)Dans le premier cas, les Prussiens, la droite à la forêt deThuringe, le front couvert par la Saale, n’avaient qu’à laisseravancer Napoléon. S’il voulait les assaillir avant d’aller plusloin, ils lui opposaient les bords de la Saale, presque impos-sibles à franchir devant une armée de 140 mille hommes. S’ilcourait à l’Elbe, ils le suivaient, toujours couverts par cesmêmes bords de la Saale. Si, au contraire, ce qui était moins