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[Vol. 4.]
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LIVRE XXV.

Octob. 180 fi.

Arrivée enligne du corpsdu ge'ndrafRuchel.

Désastre ducorps dugénérafRuchel.

çaise, fournit des charges pour couvrir son infanterie rompue ;mais nos chasseurs et nos hussards lui tiennent tête, et, bienque ramenés plusieurs fois, reviennent sans cesse à la charge,soutenus, enivrés par la victoire. Un affreux carnage suit cetteretraite en désordre. On fait à chaque pas des prisonniers ;on enlève l’artillerie par batteries entières.

Dans ce grand péril survient enfin, mais trop tard, le gé-nérai Ruchel. Il marche sur deux lignes d’infanterie, ayant àgauche la cavalerie appartenant à son corps, et à droite lacavalerie saxonne, commandée par le brave général Zesch-witz, qui était venu spontanément prendre cette position. Ilgravit au pas ces plateaux, inclinés du Landgrafenberg à l’Ilm.Tandis qu’il monte, autour de lui descendent comme un torrentles Prussiens et les Français, les uns poursuivis par les autres.Il est ainsi accueilli par une sorte de tempête, dès son appa-rition sur le champ de bataille. Pendant qu’il s’avance, le cœurnavré à la vue de ce désastre, les Français se précipitent surlui avec l’impétuosité de la victoire. La cavalerie qui couvraitson flanc gauche est dispersée la première. Cet infortuné gé-néral, ami peu sage, mais ardent de son pays, s’offre de sapersonne au premier choc. Il est frappé d’une balle au milieude la poitrine, et emporté mourant dans les bras de ses sol-dats. Son infanterie, privée de la cavalerie qui la couvrait, sevoit attaquée en flanc par les troupes du maréchal Soult, etmenacée de front par celles des maréchaux Lannes et Nev.Les bataillons placés à l’extrême gauche de la ligne, saisisde terreur, se débandent, et entraînent dans leur fuite lereste du corps d’armée. Pour surcroît d’infortune, les dragonset les cuirassiers français arrivent au galop, sous la conduitede Murat, impatients de prendre part à la bataille. Us entourentces malheureux bataillons débandés, sabrent ceux qui essayentde tenir, et poursuivent les autres jusqu’aux bords de l’Um,où ils font une grande quantité de prisonniers.

Il ne restait sur le champ de bataille que les deux brigades