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[Vol. 4.]
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Octob. 1806.

L'avis de laretraitepr^vaut,et l'arméeprussienne seretire

couverte parles deuxdivisions deréserve.

IM LIVRE XXV.

La supposition n’était pas très-fondée, car, s’il était permis decompter sur la jonction des corps de Hohenlohe et de Ruche),les Français, qu’on avait devant soi, devaient être rejointsaussi par la grande armée. Aucune chance ne valait donc cellequ’on pouvait trouver dans un dernier effort, tenté tout desuite, et avec la volonté de vaincre ou de mourir, bien quecette chance elle-même ne fût pas grande, vu l’état des divi-sions Friant et Morand. Cependant la retraite fut ordonnée. Leroi avait montré une bravoure rare, mais la bravoure n’estpas le caractère. D’ailleurs les âmes autour de lui étaient pro-fondément abattues.

On commença dans l’après-midi le mouvement de retraite.Le maréchal Kalkreuth s’avança pour le couvrir avec ses deuxdivisions fraîches. Le général Morand avait profité d’un acci-dent de terrain qu’on appelle le Sonnenberg, et qui était situéà la gauche du champ de bataille, pour placer des batteriesqui faisaient sur la droite des Prussiens un feu des plus in-commodes. Le maréchal Davout ébranla ses trois divisionset les porta vivement au delà du ruisseau. On marcha malgréle feu des divisions de réserve, on les joignit à portée de fu-sil, et on les força de battre en retraite, sans désordre, il estvrai, mais précipitamment. Si le maréchal Davout avait eu lesrégiments de dragons emmenés la veille par le maréchal Ber-nadotte, il aurait fait des milliers de prisonniers. Il en pritcependant plus de 3 mille, outre 11 o pièces de canon, captureénorme pour un corps qui n’en possédait lui-même que 44.Arrivé sur l’autre côté du bassin où l’on avait combattu, ilarrêta son infanterie, et apercevant aux environs d’Apolda lestroupes du maréchal Bernadotle, il invita celui-ci à tombersur l’ennemi, et à ramasser les vaincus, que son corps épuiséde fatigue ne pouvait suivre plus long-temps. Les soldats dumaréchal Bernadolte, qui mangeaient la soupe autour d’Apolda,étaient indignés, et se demandaient ce qu’on faisait de leurcourage dans un pareil moment.