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LIVRE XXV.
Octob. 1805.
Son indignationcontre lemaréchalBernadette.
Témoignagesde satisfactiondonnéesau maréchalDavout
et à son corpsd’armée.
Dispositionsde Napoléonpour suivrel’ami éeprussiennedans sa fuite.
lui disait que le maréchal Davout avait à peine neuf à dix millehommes devant lui. Un officier du maréchal Davout, le capi-taine Trobriand, étant venu lui apprendre qu’on avait eu 70mille hommes à combattre, il ne put ajouter foi à ce rapport,et lui répondit : Votre maréchal y voit double. — Mais quandil sut tous les détails, il ressentit la joie la plus vive, et com-bla d’éloges, bientôt après de récompenses, l’admirable con-duite du troisième corps. 11 fut indigné contre le maréchalBernadotte, et peu surpris. Dans le premier moment il voulutsévir avec éclat, et songea même à ordonner un jugementdevant un conseil de guerre. Mais la parenté, une sorte defaiblesse à sévir autrement qu’en paroles véhémentes, firentbientôt dégénérer sa résolution de sévérité en un mécontente-ment, qu’il ne prit du reste aucun soin de cacher. Le maré-chal Bernadotte en fut quitte pour des lettres du prince Ber-thier et de Napoléon lui-même, lettres qui durent le rendreprofondément malheureux, s’il avait le cœur d’un citoyen etd’un soldat.
Le lendemain matin le maréchal Duroc fut envoyé à Naum-bourg. 11 portait au maréchal Davout une lettre de l’Empereur,et des témoignages éclatants de satisfaction pour tout lecorps d’armée. — Vos soldats et vous, monsieur le maréchal,disait Napoléon, avez acquis des droits éternels à mon estimeet à ma reconnaissance. — Duroc devait se rendre dans leshôpitaux, visiter les blessés, leur apporter la promesse derécompenses éclatantes, et prodiguer l’argent à tous ceux quien auraient besoin. La lettre de l’Empereur fut lue dans leschambrées où l’on avait entassé les blessés, et ces malheu-reux, criant vive l’Empereur, au milieu de leurs souffrances,exprimaient le désir de recouvrer la vie pour la lui dévouerencore.
Napoléon, dès le lendemain 15 octobre, se mit en mesurede profiter de la victoire, avec cette activité qu’aucun capi-taine, ancien ui moderne, n’égala jamais. 11 prescrivit d’abord