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LIVRE XXV.
Octob 1806,
Napoléonse transported’iénaà Weimar.
ÎVIurat entredans Erfurt.
sous son règne, ne souffraient jamais des préoccupations dela guerre.
D’Iéna, Napoléon se rendit à Weimar. Il y trouva toute lacour du grand-duc, compris la grande-duchesse, sœur del’empereur Alexandre. Il n’y manquait que le grand-duc lui-même, chargé du commandement d’une division prussienne.Cette cour polie et savante avait fait de Weimar l’Athènes dela moderne Allemagne, et sous sa protection Goëthe, Schiller,Wieland, vivaient honorés, riches et heureux. La grande-duchesse, qu’on accusait d’avoir contribué à la guerre, accou-rut au-devant de Napoléon, et troublée du tumulte qui régnaitautour d’elle, s’écria en l’approchant : Sire, je vous recom-mande mes sujets. — Vous voyez, madame, ce que c’est quela guerre, lui répondit froidement Napoléon. — Du reste, ils’en tint à cette vengeance, traita celte cour ennemie maislettrée comme Alexandre eût traité une ville de la Grèce, semontra plein de courtoisie envers la grande-duchesse, ne luiexprima aucun déplaisir de la conduite de son mari, fit res-pecter la ville de Weimar, et ordonna qu’on eût les soins con-venables pour les généraux blessés, dont cette ville était rem-plie. De Weimar il prit il droite, et se dirigea sur Naumboui'g,pour féliciter lui-même le corps du maréchal Davout, pendantque ses lieutenants poursuivaient à outrance l’armée prus-sienne.
L’infatigable Murat, dans cet intervalle, avait galopé avecses escadrons jusqu’à Erfurt, et investi la place, qui, quoiquede force médiocre, était cependant entourée d’assez bonnesmurailles, et pourvue d’un matériel considérable. Elle regor-geait de blessés et de fuyards. On y avait transporté le maré-chal de Mollendorf, pour lequel Napoléon avait recommandéles plus grands égards. Murat somma Erfurt, en faisant ap-puyer sa sommation par l’infanterie du maréchal Ney. Il n’yavait parmi les fuyards prussiens personne qui fût capable detenir tête aux Français, et de répondre par une résistance