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LIVRE XXV.

Octob. 1806.

Points d'appuicréés parNapoléon surla route del’armée.

Erfurt assignécomme

premier dépAtsur la routede l’armée.

Wittenhcrgétabli commesecond depAt,et pourvud’immensesressources entout genre.

que le 20 octobre, et ils le passaient à Magdebourg, le jourmême où les maréchaux Lannes et Davout le passaient à Des-sau et à Wittenberg. Mais ils y arrivaient dans un état de dés-organisation croissante, incapables d’en défendre le cours in-férieur, et n’ayant même pas l’espérance d’atteindre avant euxla ligne de l’Oder, condition à laquelle était attaché leur salut.

Napoléon, malgré son impatience d’être rendu à Berlin, afinde diriger ses troupes sur l’Oder, s’arrêta une journée à Wit-tenberg, pour y prendre des précautions de marche, qu’ilavait soin de multiplier à mesure qu’il portait la guerre à deplus grandes distances. On l’a déjà vu, lorsqu’il s’enfonçait enAutriche, se ménager des points d’appui à Augsbourg, à Brau-nau, à Linz. Dans l’expédition bien autrement longue qu’ilentreprenait cette fois, il voulait se créer sur sa route deslieux de sûreté pour ses hommes fatigués ou malades, pourles recrues qu’on lui envoyait de France, pour le matériel enmunitions et vivres qu’il se proposait de réunir. Erfurt pris, ilavait changé sa ligne d’étapes, et, au lieu de la faire passer àtravers la Franconie, province par laquelle il était entré enPrusse, il lui avait rendu sa direction naturelle, en la faisantpasser par la grande route ordinaire et centrale de l’Allema-gne, par Mayence, Francfort, Eisenach, Erfurt, Weimar, Nauin-bourg, Halle et Wittenberg. Erfurt était pourvu d’assez bonnesdéfenses, et rempli d’un matériel considérable. Napoléon enfit le premier relai de la route militaire qu’il voulait tracer àtravers l’Allemagne. Wittenberg possédait d’anciennes fortifi-cations à moitié détruites. Par ce motif, mais surtout par laconsidération du pont existant sur l’Elbe, Napoléon ordonnade remettre cette place en état, autant du moins que cela sepouvait dans l’espace de deux ou trois semaines. Il confia uneforte somme d’argent au général Chasseloup, pour employer,en les payant, six ou sept mille ouvriers du pays, et cons-truire à défaut d’ouvrages réguliers, des ouvrages de cam-pagne d’un grand relief. Il fit déchausser les anciennes escarpes,