Band 
[Vol. 4.]
Seite
149
JPEG-Download
 

1ENA.

119

sur Jérichow. On marchait lentement à cause des sables, de °ctob. îsua.l’épuisement des hommes et des chevaux, et du peu d’habi-tude des fatigues. Sept ou huit lieues par jour étaient tout ceque pouvaient faire ces troupes, tandis que l’infanterie fran-çaise, au besoin, en parcourait jusqu’à quinze. Déplus, unetrès-grande indiscipline s’était introduite dans les corps. Lemalheur, qui aigrit les âmes, avait diminué le respect enversles chefs. La cavalerie surtout s’en allait confusément, sansobéir à aucun ordre. Le prince de Ilohenlohe fut obligé d’ar-rêter l’armée, et de lui adresser une sévère allocution, pourla ramener au sentiment de ses devoirs. Il fit même fusiller ,.e S ' d vai, , l 1 |.u's e etun cavalier qui avait blessé un officier. Du reste, ilfautrecon- |1< ’ S ' a ""i ueurs -naître que c’est là l’effet habituel des grands revers, et quel-quefois aussi des grands succès, car la victoire a son désordreoomme la défaite. Les Français, avides de butin, couraientcomme les Prussiens dans toutes les directions, sans se con-former aux ordres de leurs chefs ; et le maréchal Ney écrivita l’Empereur, que, si on ne l’autorisait pas à faire quelquesexemples, la vie des officiers ne serait plus en sûreté. Singu-lières conséquences du bouleversement des États ! Les mou-'ernents précipités que ce bouleversement entraîne, désorga-nisent le vaincu et le vainqueur. Nous étions arrivés à la per-fection de la grande guerre, et déjà nous touchions presquea la limite où elle devient une immense confusion !

Le 23, les Prussiens étaient, l’infanterie à Rathenau, lacavalerie à Ilavelberg. Mais l’empressement qu’ils avaient misa couper les ponts arrêta la marche du corps de droite, celuiHe Schimmelpfennig , et ils furent obligés de se rappro-cher de l’Elbe par une conversion à gauche , afin d’évi-ter les nombreux cours d’eau qui se rencontrent entre leHavel et l’Elbe. Ils se détournèrent jusqu’à Rhinow. Le 24,lls étaient, la cavalerie à Kirilz, l’infanterie à Neustadt,

* e corps de Schimmelpfennig à Fehrbclin. Le corps de Natz-IIler > transmis ici même au général Blucher, remplaça